‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 56 sur 108 · LA GALILEE SOUS ANTIPAS · texte numérisé non relu

LA GALILEE SOUS ANTIPAS

la cité de Jésus, et Tibériade, la ville d'Hérode : une population de marins les habitent qui vivent du produit de leur pêche.

Hérode Antipas, fils dHérode le Grand, gouverne tout le pays avec le titre de tétrarque. La Batanée et la Trachonite sont échues à son frère le tétrarque Philippe. La Judée seule a été réduite en province romaine après la défaite de Judas le Gaulonite. Antipas est cauteleux, voluptueux, cruel : il n'a pas d'ambition, il veut jouir en paix de la petite royauté que lui ont laissée les Romains. Dans la fastueuse résidence de Tibériade, ainsi dénommée par lui en l'honneur de Tibère, il passe son temps en festins et en débauches. Il a répudié la fdie du roi des Arabes pour épouser sa propre nièce Hérodiade, mariée à un autre fils d'Hérode, Philippe Boetus : c'est une union adultère, incestueuse, doublement contraire à la Loi. Le procurateur impérial, Pontius Pilatus, qui réside non à Jérusalem, mais à Césarée, gouverne la Judée dix années durant^ : il n"a aucune habileté politique. Il est hautain, il méprise Israël, il ne comprend rien à son esprit religieux et national ; et il manque de fermeté autant que d'intelligence : s'il a peur de s'être trop avancé, il recule aussitôt. 11 craint de s'attirer quelque méchante affaire avec ces mauvaises tètes de Juifs, il tremble d'être destitué comme l'ont été avant lui Coponius, Marcus Ambivius, Annius Rufus.

' De 26 à 36.

Et voici justement que l'agitation recommence'. Est-ce un nouveau Judas le Gaulonite qui va se lever? une nouvelle révolte nationale va-t-elle éclater bientôt?

Un prophète a paru dans le désert, à l'ouest de la

' Les trois Evangiles canoniques, dits synopUques, de saint Matthieu, saint Marc et saint Luc forment la principale source où nous puisons les éléments de notre connaissance touchant Jésus. On admet très généralement, dans tous les camps, que ces trois textes ont une très haute valeur et qu'ils reflètent fidèlement la phvsionomie et l'enseignement de Jésus. Sur leur origine, cf. infva p. 243-269.

Néanmoins, surtout depuis quelque temps, leur authenticité est battue en brèche. On se demande si, en r/énéral, ils ne combinent pas renseignement personnel de Jésus avec les idées que cet enseif/ncjnenl a provoquées parmi les premiers chrétiens (pav exemple, on attribuerait, non a Jésus, mais aux chrétiens, l'idée de la Trinité fornudéc par Mt.,28, 19 et l'idée de la primauté de Pierre, Mt., 16, 18-J9i ; cisi, en particulier, les paraboles, comparaisons très claires employées par Jésus, n'auraient pas été transformées par les chrétiens en allégories obscures (ils auraient voulu expliquer [Marc, 4, 12] parles prétendues obscurités de Jésus son insuccès chez les Juifsi. — Voir Jûlicher : Die Gleichnissreden Jesu, 2 vol. 189'.i-1900, Fribourg : A. Loisy : Etudes Evangéliques. Les paraboles de l'Evangile, l'aris, 1902, in-8°: Morceaux d'exégèse, Paris, 1906: Les Evangiles Synoptiques, 190S: Wrede : Das Messiasgeheimniss in den Evangelien, Gottingen, 1901.

En général, il faut reconnaître que la tradition naissante ou les évangélistes en personne peuvent certainement avoir modifié en quelque chose une parole du Christ. A cetégard. il faut étudier, d'abord lesdiverses levons des manuscrits, ensuite le point de vue particulier à chacun des évangélistes, enfin l'histoire primitive de l'Eglise depuLs la disparition de Jésus jusqu'en l'an 70 environ (da^te à laquelle existaient les sources de nos synoptiques, et sans doute nos trois synoptiques eux-mémes). On est en général d'accord pour penser que les évangélistes ont usé librement des discours ou des paroles de Jésus qu'ils lisaient dans leurs documents, sttit pour les démembrer, soit i)our les réunir et les (( bloquer », soit pour en modifier l'expression. On pense aussi

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