‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 57 sur 108 · JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE

mer Morte, entre la plaine de Jéricho et l'embouchure du Jourdain : il se nourrit comme les pauvres de grosses sauterelles et de miel sauvage; il est vêtu comme Elie. Il baptise comme les Esséniens. Mais il enseigne que ce baptême est un signe sensible de la

que laiiteur du premier Evangile a pu, souvent, introduire luimême, sans doute d'après un livre chrétien, des références à lAncien Testament, dans l'histoire de Jésus. H faut dire, enfin, que nous connaissons les deux grandes questions qui ont occupé l'Eglise primitive, je veux dire la question des rapports avec les Juifs [d'où le Paulinismo] et la question des rapports avec les Nations [d'où le deutéro-PauIinisme et le Johannisme]. Ces idées générales peuvent éclairer l'examen de chaque cas particulier ; mais il est clair que, en fin de compte, c'est l'analyse littéraire qui décide. Le plus grand nombre des historiens maintient aux synoptiques leur autorité traditionnelle [Bousset : Was irisse?^ iciv von Jesu ; Essaies on some theological Questions of Ihe Day by mcmhers of Ihe Univ. of Camhvidye, London. lyOo ; Peine : Jesus-Clirist iind Paulus. 1902. et Journal of Theol. stucl, 1905. 481 : Wendt : Die Lehre Jesu, Gôttingen, lUOl. En 1U08 encore, Loisy admet [Ev. Synopt. I. 32] l'authenticité des discours synoptiques. Voir aussi Harnack : Das Wesen des Christentums, l'JUl, Leipzig].

Sur la question- particulière des paraboles, volontairement allégorisé€S et obscurcies par les chrétiens, il faut dire que l'objection repose toute sur l'opposition de deux concepts définis : la parabole [comparaison à deux termes, véritable apologue qui met en valeur une idée : exemple, Mt., 20, 1-15 : le père de famille est libre de faire ce. qu'il veut de son bien] et l'allégorie [suite de métaphores revêtant directement un objet ou une personne, sans les indiquer : exemple. Me, 4, l-*o : l'allégorie du semeur signifie que le succès de la parole de Dieu dépend des dispositions des auditeurs], et sur l'affirmation que jamais Jésus n'a pu faire une obscure allégorie. Ces deux propositions sont inexactes. — Il y a chez les Juifs un genre littéraire fort ancien et qui combine les deux idées d'allégorie et de parabole. « Le mâchai est défini dans le dictionnaire de Gesenius-Buhl, lo« édition, un discours qui a plus (pie la signification littérale, avec un sens plus profond ou des allusions cachées qui invitent à

pénitence et que la pénitence a pour but d'obtenir la rémission des péchés. Il faut se reconnaître pécheurs, prendre la résolution de vivre mieux désormais ; car voici venir le Messie promis par Dieu : le royaume des cieux approche. Ce n'est pas la restauration

réfléchir... Les exemples sont innombrables... ; toute la gamme des nuances y passe, depuis la parabole pure iiisqu'à l'allégorie; au point d'intersection les genres sont mêlés » [R. B., 1904, 411]. « Le mâchai est plus d'une fois synonyme d'énigme \Ps., 49, 5 : 78. 2] ; les deux paraboles d'Ezéchiel sont des allégories [17. 2: 24. 3] ; la foule lui reproche ses mâchais comme inintelligibles [21, 5] : la parabole de Nathan à David » est aussi un 7nac/iaZ-allégorie. D'autre part, la méthode allégorique est courante chez les Juifs au temps de Jésus ; pourquoi Jésus ne s'en serait-il pas quelquefois servi? Il est très certain qu'il ne détestait pas les formules paradoxales ou énigmatiques [celui qui trouve son âme la perdra, Mt., 10, 39 ; — faites-vous des amis avec le Mammon d'iniquité, Le, 16, 9. — Voir Bugge]. Et les quatre Evangiles s'accordent pour affirmer [Me, 4, 11-12; Mt., 13, 11-13; Le, 8. 10; Jo.. 12, 39-iO] que Jésus, dans ses paraboles, ne veut pas être compris de tout le monde [n'oublier pas, toutefois, que Marc, 4, 12. ne fait que citer Isaïe, 6, 9-10]. La ma^se du peuple rêve de restauration et de glorification nationales : si Jésus marque trop clairement qu'il répudie radicalement ce rêve patriotique, il éloigne de lui les âmes; il doit se contenter de faire naître chez ses auditeurs des dispositions favorables. Avec ses disciples, il parle plus net. — Ajoutons que l'obscurité d'une parabole tient peut-être au travail des évangélistes, démembrant ou bloquant sans adresse leurs documents [Lagrange : R. B., 1904, 113]. — Voir Rose : Eludes sur les Evangiles, 2» éd., Paris, 1902: Baliffol : L'ensehjnement de Jésus, Paris, 1906; Lepin : Jésus Messie et Fils de Dieu, 2«éd., Paris, 1905; et surtout Bugge : Die liaupt-Parabeln Jesu, Giessen, 1903; Slevens : The Teaching of Jésus, London, 1902; Sanday (dans le bulletin de Toulouse, 1903, 233) : la critique actuelle et les Evangiles; Goguel : la nouvelle phase du problème synoptique, R., H.. R., novembre-décembre, 1907, 311 : Brun : Les paraboles dans les évangiles synoptiques, Lyon, 1903 : Spilta : Die Slreitfragen der Geschichte Jesu, Gôttingen, 1907.

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