‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 72 sur 108 · L EGLISE · texte numérisé non relu

L EGLISE

celle que le Sauveur a établie, Simon-Pierre. La pierre fondamentale doit durer autant que rédifice, l'un ne pouvant se passer de l'autre, Pierre existant pour l'Eglise et l'Eglise subsistant par Pierre, tous deux étant nécessairement unis jusqu'à la consommation des temps. Car l'Eglise a la solidité qui convient à un édifice bâti par la main de Dieu. Les portes de l'enfer, c'est-à-dire la puissance de la mort, triomphent de tout ce qui est humain; elles se referment sur tous les hommes et sur tous les empires du monde : jamais pourtant elles ne se refermeront sur l'Eglise, parce que l'Eglise de Jésus ne meurt pas. L'Enfer désigne ici, comme c'est l'ordinaire dans l'Ancien Testament', le royaume de la Mort. L'Eglise vivra toujours. — La fonction de Simon, figurée d'abord par la pierre fondamentale d'un édifice, l'est ensuite par les clefs, insigne de l'intendant d'un palais ^ : c'est au nom et par la volonté de Jésus qui porte lui-même la clef de David "que Pierre exercera aux yeux des hommes, sur la terre, le pouvoir des clefs, le pouvoir d'ouvrir ou de fermer, d'admettre ou d'exclure, de surveiller, d'accorder ou de refuser l'accès de la demeure royale, l'entrée de la demeure céleste. A la puissance suprême est rattachée celle de lier ou de délier avec lautorité de Dieu: c'est au fond le même droit que celui de

* haie, 22, 22. — Voir aussi Kôhler : Die Schliissel des Petrua. [Arch., Rel., Wiss. tome YIII, 214].

- Apocalypse,'^, T.— Tout ce commentaire est emprunté à Loisv [Revue Anglo-romaine, 1895-1896,1, 49 ; [I 49].

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fermer et d'ouvrir ; c'est le souverain pouvoir de gouvernement, comprenant au plus haut degré le droit d'ordonner ou de défendre, et de régir, de juger, d'absoudre ou de condamner.

« L'Eglise est détinitivement fondée depuis ce jour oi^i saint Pierre a été établi son chef pour avoir reconnu dans le Messie le Fils de Dieu ; Jésus la consolide et raffermit. 11 prémunit encore ses disciples contre les illusions courantes du temps et du milieu où leur vocation les a saisis. Ils révent encore, comme les autres, d'un Messie puissant et glorieux qui n'aurait qu'à se montrer pour voir le monde à ses pieds, chef reconnu d'Israël, régnant avec Israël sur toutes les nations de la terre, pour le bonheur des justes et la confusion des méchants. C'est pourquoi il commence à leur enseigner que le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, être mis à mort et ressusciter après trois jours. Pierre est scandalisé, il souffre dans son amour pour Jésus ; il le prend à part, lui montre comme ces propos sont invraisemblables et qu'il faut en prévenir l'effet, s'ils ont chance de s'accomplir. Mais Jésus repousse hautement, et devant tous, comme une suggestion diabolique, le conseil vulgaire qu'on a osé lui donner. Simon-Pierre a repris le rôle de Satan dans la Tentation au désert; Jésus lui répond : « Retire-toi, Satan. » Pierre juge humainement des choses divines. Il lui faudra encore bien des leçons, une terrible épreuve, une lourde chute, pour qu'il soit véritablement

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