‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 74 sur 108 · LA VOLONTÉ EXPIATOIRE DE JESUS · texte numérisé non relu

LA VOLONTÉ EXPIATOIRE DE JESUS

Jésus s'assied, il appelle les Douze et il leur dit: « Si « quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier et

tjvt,; oô;av /.ÀT,covo;j.r^7co7'.v. àXÀi (Marc 16, 15 -ozvj^v/-i^...) [Voir Saint-Jérôme : b. Pelag. II, 15 (en 415)].

Il est vraisemblable que ce passage fort intéressant appartient à la source doù dérive notre finale de Marc. Est-ce que la source de cette finale, aussi, a été influencée par Paul 'l Elle rappelle plutôt saint Jean : voir Jo. 14, 30. [Noter ce qu'on dit du règne de Satan d'une durée déterminée : cf. supra p. 98, n. i].— Sanday : Biblical WorcU. febr., 190S, 1.38; Harnack : Tlieol. Lit. zeit., 14 mars 1908, 168].

Et l'idée rédemptrice, et la volonté expiatoire, l'œuvre entière de Jésus se relient elles-mêmes très étroitement aux croyances antérieures d'Israël. On a vu [tome L 270, n. 2] combien peu de place l'individualisme tenait dans le lahvéisme, et combien les idées de solidarité [humaine (Adam représente l'humanité), nationale (Abraham représente Israël: Manassèsi, familiale ilageullai] ou de substitution y étaient vivaces: si elles ont été entamées par le mouvement individualiste [Jérémie, Psaumes], elles venaient de trop loin pour périr ; et sans doute ont-elles été ranimées par l'œuvre ecclésiastique de Néhémie, par l'œuvre politique des Macchabées. — On a vu encore [tome I, p. 294, et supra, p. 96], d'autre part, combien le règne du péché dans le monde obsédait douloureusement les âmes : d'un mot, je rappelle Job, les Psaumes, l'Ëcclésiaste, l'Apocalypse d'Esdras.

On peut, enfin, être plus précis encore. Le poème du Serviteur, de lahvé formule, on sait avec quelle émouvante grandeur, l'idée que les bouffrances d'un Juste expieront les péchés du monde [tome I, p. 313-313]. La masse du peuple, certainement, avait oublié le poème : l'attitude des Douze le prouve sans conteste. Mais est-il sur que nul n'en ait gardé le souvenir, et que Jésus lui-même l'ignorât ? On peut en retrouver l'influence dans la Sagesse, 2. 12 et dans la tradition que semble supposer le dialogue de saint Justin avec Tryphon [§ 68-69, 90.36 39, 49]. Noter, enfin, que la première génération chrétienne a expliqué par Jésus le Serviteur de lahvé [le diacre Philippe et l'eunuque de la reine d'Ethiopie. .-Ic/es, 8, 27-89]. — Voir Piose : 21S-'270; Rivière : Le dogme de la Rédemption. Paris, 1905 ; Prat : La théologie de saint Paul, 1908, p. 279-312 ; van Grombrugghe : Desoteriologiœ christianae primisfontibus. Louvain, 1905; Holtzmann, Harnack, Bovon, etc..

Voir la note touchant l'Eucharistie.

« le serviteur de tous ; lessentiel, ce qui est iiéces- (c saire, mais ce qui suffit, c'est de venir en mon nom; « quiconque travaille en mon nom vous doit être le « bienvenu ; un petit enfant comme celui-ci — il prend « un enfant et l'embrasse devant eux — , sil vient en « mon nom et que vous le receviez, c'est moi que vous « recevez; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, « mais Celui qui ma envoyé. » L'ambition et l'orgueil vivent toujours au cœur des Apôtres : c'est pourquoi Jésus leur donne en exemple ces petits enfants qu'ils repoussent; ils ont conscience de leur totale impuissance, ils veulent être aidés. « Laissez venir à moi « les petits enfants et ne les empêchez pas, car le « royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. « En vérité, je vous le dis, quiconque ne recevra « pas le royaume de Dieu comme un enfant, n'y ence trera point ». Et, embrassant ceux qu'on lui présente et imposant les mains sur eux, il les bénissait.

La formation des disciples s'achevait lentement ; Jésus, tandis qu'il épurait leur foi, ne négligeait pas de l'affermir. Six jours après la confession de Pierre, dans la campagne de Gésarée de Philippe, Jésus prit Pierre, Jacques et Jean et les conduisit seuls, à l'écart, sur une haute colline ; et il fut transfiguré devant eux. Elie et Moïse leur apparurent ; ils s'entretenaient avec Jésus. Et Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : « Maître, il est bon pour nous d'être ici ; faisons trois « tentes, une pour vous, une pour Moïse et une pour (( Elie ». Car il ne savait pas ce qu'il disait, l'effroi

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