JESUS A JERUSALEM
« Celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le « règne de notre père David qui arrive î Hosannah au « plus haut des cieux ! »
Jésus, cette fois, ne quitte plus Jérusalem; ou, s'il va le soir à Béthanie ou dans quelque village voisin, c'est pour revenir aussitôt : il prêche ses disciples, il répond aux questions insidieuses des prêtres et des scribes, il prêche la foule hésitante ; il ne cherche plus à éviter Forage qui gronde. Comme la Pàque approche, la foule augmente et Tagitation s'accroît. Beaucoup des pieux paysans qui vont au Temple ont entendu déjà le Galiléen : et l'ardeur de leur patriotisme et l'étroitesse de leur cœur les détournent de lui. Le parti sacerdotal profite de l'effervescence pour s'en débarrasser. Judas de Kerioth s'est ensfao^é à Ofuider des gardes qui l'arrêteront un soir, à l'insu du peuple, et tandis qu'il sera seul ; ce malheureux a perdu la foi lorsque son Maître a défendu devant les Douze la femme de Béthanie et l'offrande qu'elle lui faisait de son parfum.
Dans la soirée de jeudi, quatorzième jour de Nisan, jour de la Pâque, il se rendit avec ses disciples dans une grande salle où tout était préparé. Et. tandis qu'ils mangeaient, Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous « le dis, l'un de vous me trahira ; pour le Fils de « l'homme, il s'en va selon ce qui a été écrit de lui ; c( mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme « sera trahi ! » Le repas touchait à sa fin : Jésus prit du pain, et, l'ayant béni, il le rompit et le leur donna,
en disant : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris le calice, et ayant rendu grâces, il le leur donna et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon « sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera « répandu pour un grand nombre. En vérité, je vous le « dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la a vigne jusqu'au jour où j'en boirai de nouveau dans (( le royaume de Dieu^ »
* Voici les quatre textes parallèles que nous avons sur linstitution de rEucharistie :
Me.
F'rcucz
ceci est mon corps
ceci est mon sang.
[le sangj de la nouvelle alliance
qui sera r«^pandu pour beaucoup.
Ml.
Trcnez, mange/ ceci est raon corps
ceci est mon sang le sang de l'alliance
qui est répandu pour beaucoup.
en rémission des péchés.
Le.
ceci est mon corps
qui est donné pour vous :
faites ceci en mémoire de moi.
cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang,
qui est répandu pour vous.
f'aul
ceci est mon corps
lequel est pour vous
ceci, faites-le en ma mémoire
cette coupe est l'alliance nouvelle en mon sang
Faites ceci, chaiiue fois ((ue vous boirez, en ma mémoire.
[Le. prépose au texte qu'on lit ici, 3» colonne : « C'est ardemment que j'ai désiré de manger cette Pàque avec vous... Ayant pris une coupe..., il dit : Prenez cette coupe et distribuez-la entre vous... » D'autre part, la recension occidentale de Le [God. Bezae ; Vercell., Corbei., Vindob.] su]»prime toute notre 3» colonne, excepté les mots : ceci est mon corps; la version syriaque de Cureton [fin il»] présente un accident de même ordre. Il est très vraisemblable que les deux faits sont en rapport l'un avec l'autre : le texte propre à Le. est un doublet de l'institution de la Cène : les suppressions propres à la version occidentale témoignent d'un effort maladroit pour l'expliquer et le faire disparaître. Batiffol : Etudes d'histoire et de théologie positive. Il [1905], 25.