‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 84 sur 108 · EN PRIÈRE · texte numérisé non relu

EN PRIÈRE

sons : ils ont au cœur les mêmes souvenirs, les mêmes certitudes, le même amour. Pierre et son frère André, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, Philippe, Thomas,

l'Eglise à Jérusalem jusqu'à sa dispersion (1-8, 3) ; il continue en retraçant la crise vitale où s'est joué le sort de l'Evangile 8, 4-15, 34 : si les Juifs se dérobent, faut-il s'adresser aux Gentils ; il s'attache enfin. 15, 35-28, à raconter l'œuvre de Paul et les progrès de l'Eglise en terre païenne. Le livre s'interrompt brusquement, au temps du ministère de Paul, captif à Rome, durant deux années. 11 est très vraisemblable qu'un troisième livre devait continuer celui-ci : sans doute n'a-t-il jamais été rédigé.

Ce qui nous empêche de dater l'ouvrage du lendemain de l'an 60 : si Luc ne dit rien des années qui suivent, il n'est pas sûr qu'il n'en ait pu rien dire. Les derniers versets des Actes préparent le lecteur à un troisième livre [Zahn : Einleitung, II, 369-375 ; voir Rose, 272-273], comme la fin de l'Evangile préjjare les Actes. Le plus simple est d'attribuer aux .-le /es la même date ([u'à VEvangile c'est-à-dire 70 environ.

Dans une étude très fouillée : Beitrâge zur Einleitung in das Neiie Testament. III Hefl : Die Apostelgeschichte (Leipzig, 1908), A. Harnack montre l'identité des auteurs qui ont écrit le troisième évangile, les Actes, les Wirstûcke par l'unité de langue et de style ; ils sont une seule et même personne, un compagnon de Paul, le médecin Luc. Luc veut faire voir, dans les Actes, la force de lesprit de Jésus telle qu'elle se manifeste dans l'histoire des Apôtres, telle qu'elle transporte l'Évangile de Jérusalem à Rome, convertit les païens, conquiert le monde. Les données chronologiques et géographiques des Actes sont très sérieuses : à cet égard le livre peut soutenir la comparaison avec n'importe quelle histoire de ce temps. En dehors de Pierre et de Paul (qui, après ses deux ans de captivité, a sans doute été délivré et a quitté Romei, Luc ne s'intéresse qu'à cinq personnages, Etienne, Philippe. Barnabe, Jacques. Apollos : sur ces cinq, trois sont des partisans de la tendance large. Les récits de miracles et de charismes sont plus nombreux dans la première moitié que dans la seconde, plus nombreux dans les Wirstûcke que dans le reste de la seconde : donc, dans la première moitié du livre, Luc a un garant qui lui inspire toute confiance. — Indépendamment de son journal de voya'je, Luc utilise : 1° une tra-

Barthélémy, Matthieu, Jacques et Jude, les fils d'Alphée, Simon le Zélotc, tous ils se recueillent en attendant que le Père les pousse en avant.

La place de Judas reste vide; mais Jésus a sans

dition d'Antioche [6, 1-8, 4 ; 11, d!)- 15, 35, moins 12. l-:>i]. qui vient sans doute de Silas. qui a une très haute valeur : il doit s"agird'un document écrit ; 2" une tradition de Jërusalem-Césarée, qui a de la valeur (A) [3, 1-5, 16 et 8, o-ll, 8 et 12, 1-23] et qui dérive de Philippe; il s'agit, au moins en partie, d'un document écrit, araméen ; 3° une tradition orale de Jérusalem-Césarée (B) [2; 5, 17-42] qui n'a pas beaucoup de prix. — Malgré Gai. 2, il faut tenir pour historique le chapitre 15. — Ilarnack reproche à Luc sa crédulité, ses inexactitudes, sa tendance à banaliser les faits significatifs : naturellement, il rejette tous les récits de miracles, preuves de la crédulité de Luc.

Schiirer observe que l'opposition de Pierre et de Jacques date certainement de la conversion de Corneille; mais les obscurités et contradictions de la deuxième partie [par exemple, comparer : 23, (i: 26, G: 21, 27-28] témoignent que l'auteur des .4c/es — qui ne i)eut être un compagnon de Paul — a utilisé maladroitement, coupant ou ajoutant mal à propos, un journal de voyage d'un compagnon de Paul. — Dans ces obscurités ou inexactitudes, Ilarnack voit précisément l'effet des négligences caractéristiques de saint Luc [Voir Theol. JAlleralurzeitung. 14 mars l'JOS].

Le texte des Actes nous est parvenu dans deux recensions distinctes : l'une, la recension orientale, est donnée par le plus grand nombre des mss, notamment par le Sinaiticus, le Vaticanus, lAlexandrinus. le Rescriptus Ephraemi... par la Vulgate et la Peschitto, par le Fuldensis et l'Amiatinus; l'autre, la recension occidentale, est conservée par le Codex Beza^ Cantabrigiensis, par la version syriaque héracléenne, par le palimpseste de Fleury. par les citations d'Augustin et de Cyprien [voir une version mixte dans le Codex Laudianius Oxoniensis, TAmbrosianus (137) et le Codex Gigas]. D'après Hlass, suivi par Nestlé et Zahn, la recension occidentale représente une première édition faite à Rome : la recension orientale représente une seconde édition, faite à Anlioche par saint Luc lui-même. C'est l'hypothèse la plus probable. [Voir j)ourtant II. Coppieter : De historia texius Aclorum Apostoloruni. Louvain, 1902 : la version occidentale daterait du ii« siècle et d'Asie. Voir aussi Blass: Acta Apost.,

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