L EGLISE DE JERUSALEM
baptismale ^ que complète leffusion du Saint-Esprit. Jésus doit bientôt revenir, glorieux cette fois, rénumérateur et vengeur, selon la parole des Prophètes. En attendant, il faut vivre, unis et saints, servant Dieu par la prière, et célébrant, par la « fraction du pain », le souvenir de son récent bienlait. LÉglise ainsi formée est gouvernée par le groupe des douze témoins de Jésus-Christ et de sa résurrection : Pierre occupe le premier rang parmi eux- )).
La ferveur des fidèles, l'ardeur confiante avec laquelle ils attendent le retour du Messie fournit l'occasion d'un premier développement de la hiérarchie chrétienne : comme, spontanément et librement, ils ont mis leurs biens en commun, on adjoint à Pierre et aux onze Apôtres des diacres ^ afin d'administrer le patrimoine de la communauté. Les uns et les autres s'aident, suivant les cas, conformément à la coutume juive, d'un conseil des anciens ipresbytres).
L'histoire de l'Eglise naissante se laisse aussi facilement discerner, dans ses grands traits tout au moins,
de Joël sera transformé en Seigneur Jésus, et la formule deviendra une formule de confession chrétienne ». [La résurrection est appuyée sur Ps. 16, S et 109. 1, Rose].
* Le baptême était conféré au nom du Christ Jésus, c'est-àdire qu'il incorporait le fidèle en Jésus [le nom désigne la personne]. Rose. :26.
- Duchesne, Orig. chrét.. 14.
^ D'après Belser (qui s'appuie sur une variante intéressante du text»' occidental), il y avait deux groupes de sept diacres : le groupe helléniste, le groupe judaïque. La prédication est le principal devoir des Apôtres.
que la physionomie de ses origines. Le parti qui a fait mourir Jésus ne désarme pas, naturellement, à l'endroit des disciples ; mais la présence des Romains le gène, bien que ceux-ci cherchent à ménager leurs sujets : Ponce Pilale a été rappelé pour avoir voulu les empêcher de quérir dans les flancs du mont Garizim les armes sacrées quy aurait cachées Moïse. Le jour où un hasard de la politique chassera, pour un temps, les Romains de Jérusalem, les Juifs pourront donner un libre cours à leur haine : ce jour-là, léglise de Jérusalem aura vécu.
Un jour, vers trois heures de l'après-midi, Pierre et Jean montaient au Temple pour y assister à la prière publique et au sacritice du soir ; Pierre et Jean, arrivés à la porte Relie, se disposaient à aborder la première cour du Temple, quand ils s'entendirent interpeller par un mendiant : le pauvre homme, paralytique de naissance, était transporté chaque jour en ce Heu pour y recueillir quelques aumônes. « Regarde-nous, <( lui dit Pierre. De l'argent ou de Tor, je n'en ai pas, « mais ce que j'ai, je te le donne : au nom du Christ, « Jésus de Nazareth, lève-toi et marche » ; et le paralytique dont il a pris la main, se lève et marche. Sautant de joie, louant Dieu, il entre dans le Temple avec ses deux bienfaiteurs. Le peuple accourt; il se précipite sur les pas de Pierre et de Jean, entre avec eux dans le péristyle de Salomon : et Pierre le harangue sans souci du lieu où il se trouve, ni des prêtres qu'il va blesser. « Israélites, dit-il, pourquoi vous étonner de cepro-