PROPAGATION DE L EVANGILE
Au début, la bonne nouvelle s'est propagée de proche en proche par la présence, l'exemple, la parole de fidèles obscurs ; le livre des Actes n'indique alors, même par allusion, aucune mission organisée. Les chrétientés se forment en général autour d'un noyau de Juifs convertis ; c'est dabord à la synagogue que commencent de prêcher les croyants ; ils finissent par en être exclus, mais ils ont eu le temps d'y faire quelques disciples qui les aident ensuite à répandre FEvangile. Bientôt on s'adresse aux Païens, au peuple ou à l'élite, suivant les circonstances. C'est à cette époque sans doute que Rome reçoit les premières semences de la foi, peut-être d'un des « Romains » qui assista à Jérusalem au miracle de la Pentecôte et entendit la première prédication apostolique. — Mais tout cela change promptement : on peut croire que la première idée des missions régulières fut à peu près contemporahie de l'apparition d'Antioclie comme capitale chrétienne ; dans cette ville païenne, en présence de circonstances nouvelles, n'était-il pas naturel que les habitudes primitives se transformassent rapidement ^ ?
* Sur les premiers missionnaires chrétiens, voir Harnack : Mission und Aiù^breitung des Christentums in den ersten drei lahrhunderten. 2'« Auflage, Leipzig, 19(J6, livre III, tome I, p. 267. Les juiveries avaient des envoyés officiels, chargés de porter des lettres, de recueillir des collectes, d'exercer une action disciplinaire : on les appelait pei<^e7reà~ôa":o)o'. (ainsi Saul est un représentant officiel du Sanhédrin de Jérusalem auprès des synagogues de Damas) ; il est probable que les délégués officiels du Christ et de TEglise, appelés à-os-oÀGi [I Thess, 1, 6], procèdent de cette institution juive.
Il semble que, dans la pensée de Jésus et de Pierre, les apùtres
Nous connaissons avec quelque détail l'œuvre d'un de ces missionnaires qui organisa, à travers les villes de l'empire, des tournées régulières et qui, d'une manière toute spéciale, s'attacha à présenter aux Gentils l'Evangile de Jésus. Saul de Tarse visite d'abord l'île de Chypre en compagnie de Barnabe; il y convertit le proconsul Sergius Paulus ; puis, traversant la Pamphylic et la Pisidie, il atteint la Lycaonie, Iconium, Lystres et Derbé, sur le revers septentrional du mont Taurus. — Après un séjour d'un ou deux ans à Antioche, Paul de Tarse — Saul porte désormais le nom du proconsul qu'il a converti — , Paul traverse
doivent être au nombre de douze (éleclion de Matthias). Mais cette notion trop stricte s'élargit, par le fait même de l'expansion chrétienne, par le fait surtout de Paul [voir l. Cor: Gai.]. Paul revendique avec acharnement la dignité d'apôfre du Christ, pour Barnabe et pour lui [l Cor., 1, 15) : à l'entendre, ra|)ôtre est un prédicateur de ri:vangile, dont le succès garantit la fidélité, et qui a personnellement vu Jésus [Batiffol : H. B., 1006, 5:25]. Harnack et Lightfoot sont d'accord pour croire que saint Paul veut [Ho7n.. 16. 7] donner le titre d'aptMre à Andronicos et à Junias. qui étaient sans doute des disciples [H. B. 1900, 523. — Galatians, 92]: Paul eut gain de cause, quant à Barnabe et à lui-même. Mais l'ancienne conception, très étroite, prévalut par l'effet du recours à la tradition : les 70 disciples dont parle Luc, il n'ose pas les appeler franchement apôtres: si Irénée. II. 21, 1. (Tertullien : adv.Marc, IV. 24), Origone [iiiUom., 16. 7] et quelques autres leur donnent ce titre, leur exemple n'est pas suivi : les 70 ne seront pas assimilés aux 12 j)ar la tradition; le titre apostolique se restreindra aux 12 I Voir J Clem. ; Barnabe, 8, 3 et 5-9 ; sur la notion de « faux apôtre » dans Paul, II Cor.. 11. 13; voir lesépltres catholiques, et les apocryphes pseudo-apostoliques].
Après les apôtres, viennent les pro|)hètes (voir p. 228, n. 2) et les docteurs [1 Cor., 12. 28.— Voir Mt., 23 .6 ; Actes. 13. 1 : Didac/ié, 15, 1-2; 13 2] : ceux-ci ont, non des extases, mais un don de science [Voir Eusèbe, VII, 24, 6; Tertullien : de praescr. 3]