‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 97 sur 108 · LE CULTE DES PREMIERS CHRETIENS · texte numérisé non relu

LE CULTE DES PREMIERS CHRETIENS

dant l'abus suivit de très près l'usage ; l'usage luimême pouvait avoir ses inconvénients, s'il n'était réglé avec sagesse. L'église de Corintlie n'a encore que quatre ans dexistence, et saint Paul est obligé d'intervenir pour discipliner linspiration de ses fidèles. Même dans la célébration de lEucharistie, des abus s'introduisirent de bonne heure ; on fut obligé de simplifier le plus possible le repas qui en était comme le premier acte ^ ; plus tard, on le sépara tout à fait de la liturgie proprement dite, et enfin on le supprima plus ou moins complètement. Lhomélie ecclésiastique suppléa aux manifestations primitives du Aoyo; ^oo'ia;. Les visions, les prophéties, les guérisons miraculeuses n'étaient pas, sans doute, destinées à disparaître entièrement ; mais, comme elles n'étaient guère compatibles avec la régularité du service liturgique, elles cessèrent bientôt de s'y produire.

« Nous n'avons pas de détails sur les rites de l'initiation chrétienne, qui prirent pourtant d'assez bonne heure des formes solennelles et significatives. Saint Paul se reposait sur ses collaborateurs pour l'accomplissement de ces cérémonies-. On remarque que quelques fidèles, non contents de se faire baptiser eux-

' Ce repas s'appelait Vagape. Il rappelait le dernier repas du Seigneur. Il rappelait aussi aux païens convertis les repas célébrés par les confréries religieuses païennes. Voir Leclercq, dans Cabrol : D.A.G., 1, 1, 775 (1907). M?^ Batiffol nie formellement, Etudes d'histoire et de théologie pos., 2» éd., 1902, p. 279, l'existence de lagape aux i" et ii« siècles. Sa thèse a été fortement combattue, notamment par Funk.

- I Cor., 1, 14-17.

mêmes, cherchaient à se faire baptiser pour leurs parents ou amis défunts*. Les réunions se tenaient dans les maisons particulières, surtout dans ces grandes pièces de l'étage supérieur, qui de tout temps ont été d'usage en Orient; les gens de ces pays excellent à se serrer en grand nombre dans un petit espace. Les assemblées avaient lieu le soir et se prolongeaient souvent dans la nuit; le dimanche était déjà le jour particulièrement consacré au service de Dieu- ».

La hiérarchie est encore peu apparente; elle semble distribuée en trois degrés. Le degré inférieur est celui des ministres, frères servants, chargés des soins maté-

* I Cor., 15, 29.

- Msr Duchcsnc : Histoire ancienne de l'Église, I (1906). 4G-50. (Je resserre quelquefois certaines phrases). Harnack suggère [Mission, 1- 73-2fi7J, quelques observations : 1. Les chrétiens prêchent la doctrine reUgieuse annoncée par Jésus: le règne de Dieu commence [.Mt. 10, 7]; Jésus le ressuscité est le Messie; l'œuvre de Jésus éclaire et acconq)lit l'Ancien Testament. Aux Païens, ils prêchent le Dieu unique et vivant [I Cor., 12, 2; I T/iess., 1, 9] et le néant des idoles, Jésus, Fils de Dieu, révélateur et juge; la résurrection de la chair : la continence. VA toutes ces idées sont vivifiées par la croyance que la vertu est récompensée et que la Croix a sauvé le monde. — 2. Car les chrétiens disent encore et continuent Vœuvrede saint opérée par Jésus : Jésus est venu guérir les malades [Me 2, 17] ; les souffrances du Juste abolissent le péché ; mieux qu'Esciilape. il est le médecin par excellence et le Sauveur, qui donne la vie et permet d'échapper à la mort. Même, son Kglise s'occupe de soigner, outre les âmes, les corps [lac, 5, 14: Polycarpe, 6; les diacres]. D'où deux conséquences : pour sauver les ùmes, les chrétiens luttent contre les démons et Satan, maîtres du monde, par les exorcismes, parles charismes de toute espèce et par les rites sacramentels qui se développent peu à peu ; pour sauver les corps, ils organisent tout un système d'assistance des i)auvres, des docteurs, des veuves, des malades, des infirmes, des prisonniers, des esclaves,

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