‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 99 sur 108 · L EGLISE DE CORINTHE · texte numérisé non relu

L EGLISE DE CORINTHE

puissance lorsque vient pour eux l'heure de la mort.

depuis que l'opposition sexaspère, sans que cette visite ait obtenu plus de succès que la première lettre [Il Cor. 12, 14; 13, i ; 2. 1]. Mais voici que Tite arrive de Corinthe : plus âgé que Timothée, plus habile peut-être, plus heureux du moins, il a provoqué dans Téglise un revirement en faveur de Paul. Et Paul saisit l'occasion qui s'offre. Il fait d'abord s-on apologie et l'apologie du ministère apostolique [1-7.16] : « béni soit le Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus-Christ qui l'a consolé dans ses tribulations ; s'il n'est pas retourné à Corinthe comme il y avait songé, c'est afin de n'être pas affligé par ceux qui doivent être sa joie ; il veut qu'on pardonne à celui qui l'a offensé. S'il n'a pas les lettres de recommandation que les judaisants lui demandent, Paul a ses convertis de Corinthe pour garants que l'alliance nouvelle qu'il prêche vient de Dieu et de l'Esprit ; s'il est confiant et fier, c'est que le ministère de l'Esprit est supérieur au ministère de la mort il'ancienne Loi); et cette idée fortifie son cœur et éclaire sa pensée. Quant à lui, quant aux prédicateurs de l'Evangile, ils ne sont de soi que des vases d'argile ; leur force indomptable vient de ce qu'ils portent un trésor et qu'ils le savent : ils tâchent d'être recommandables en tout point comme il convient à des ministres de Dieu. Que les Corinthiens lui rouvrent donc leur cœur. » — Paul les entretient ensuite [8.1-9.13] de la collecte qu'il recueille au profit des pauvres de Jérusalem [voir Gai., 2, 10]. — Enfin [10, J.-13, 10], Paul revient sur ses pas et recommence son apologie : mais, cette fois, il s'en prend avec vigueur aux missionnaires judaisants qui l'ont luimême attaqué ; et il affirme que, il y a quatorze ans, il fut ravi au troisième ciel où il entendit des paroles ineffables : il déclare que, au cours de la troisième visite qu'il compte leur faire, il ne ménagera pas ses ennemis, « puisqu'ils veulent une preuve que c'est le Christ qui parle en moi ».

L'authenticité de Tépltre dans sa teneur actuelle a été attaquée. Le passage [6, 14-7, 1] est très suspect : c'est une exhortation à vivre à part des païens qui coupe en deux la prière de Paul aux Corinthiens : rendez-moi votre cœur. Il est vraisemblable que c'est un fragment d'une lettre authentique de Paul qui aura été introduit ici à une époque très ancienne. — On se demande encore si 9, 1-15 raisons de la collecte) n'appartenait pas originairement à un autre billet de Paul. L'hypothèse n'est pas tout à fait invraisemblable : mais rien ne l'impose. — Certains croient, enfin, que 10. 1-13. lu est un fragment de la lettre perdue, par

Les Juifs les poursuivent de leur haine i; Jacques le Mineur, fils d'Alphée, Pierre, le chef des Douze, sans parler de Jacques, le frère de Jean, ou de Paul, l'apôtre des Gentils, en savent tous quelque chose. Jacques avait singulièrement accru dans Jérusalem, où les Romains étaient redevenus les maîtres-, le nombre des croyants en Jésus. Les docteurs de la Loi et les Pharisiens s'en émurent, « disant qu'il y avait danger que (( tout le peuple n'attendît Jésus comme le Messie. « S'étant donc assemblés, ils dirent à Jacques : « Nous ({ vous conjurons de retenir le peuple ; car il se fource voie sur Jésus en pensant que c'est le Christ. Parlez « donc à tous ceux qui viennent en cette ville aux « jours de la fête de Pàque : nous avons tous confiance « en vous et vous rendons témoignage avec tout le (( peuple que vous êtes juste... Faites en sorte que le « peuple ne tombe point dans l'erreur au sujet de

laquelle Paul avait déjà gourmande les Corinthiens [II Cor., 7, 8] ; mais on a fait observer qu'une allusion à cette lettre sévère se lit précisément dans notre fragment, 10,18 [Sanday : Encycl. Bibl., art. : Corinthiens, ep. 2, § 18: Lemonnver : Epîtres de saitit Paul, I, 178 (1905).

Dans le te.xie 4, 14; 5, 1-10, apparaît pour la première fois la crainte qu'a l'apùtre d'avoir quitté ce monde lorsque viendra le Seigneur [voir supra p. 231-232. n.].

Voir Cornely : Comm. in S. Pauli... kpp. i7ï Cor., 1892, Paris ; Heinrici : Der ersfe, (1er zweite B. an die Cor., 1896-1900, 2 vol. ; Ign. Rohr : Pauliis und die liemeinde von Korinth.., Fribourg, 4900 ; Prat : Théol. de sain L Paul. 1 (1908), 2'' livre : Ramsay et Robcrtson dans Ilaslings ; Jacquier dans Yigouroux. Ermoni dans Mangenot : Schhiilcv : Die Kori n therbriefe ausgeler/t .\dQS. Stuttgart.

* Voir Jacquier, 1, 108.

* En 44.

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