LE TERSORTSME FRANÇAIS ET LE TERRORISME HÉBRAÏQUE
Qu'est-ce en soi que le système de la Terreur, appliqué à la régénération d'un peuple?
L'idéal de ce système a été conçu et réalisé par Moïse. Son peuple périssait dans la servitude d'Egypte; il entreprit de le sauver en le régénérant. Pour cela, il l'obligea d'abord de renoncer aux vieilles idoles égyptiennes; après quoi, il entreprit de refaire la tradition et l'éducation de ce peuple.
^ Pour y réussir, il l'entraîne dans le désert; il l'y maintient au milieu d'un tremblement et d'une terreur de quarante années. Gouvernement de l'épouvante par excellence, puisque tout ce qu'il y a d'effrayant dans le ciel et sur la terre, voix d'en haut sur les nuées, famines, soif, châtiments, serpents d'airain, servit à terroriser le peuple hébreu; il vécut tout le temps sous le glaive. C'est après qu'il eut été séquestré de la tradition du reste des hommes, et lorsque des générations nouvelles eurent contracté un génie nouveau, que Moïse consentit à le remettre en contact avec l'ancien monde; alors le peuple avait été si bien
dépaysé qu'il lui était impossible de retourner sur ses pas et de rentrer dans la vallée de servitude.
Eeconnaissez que, par ces côtés, le terrorisme français appartient instinctivement au même système que le terrorisme des Hébreux; c'est là ce qui causait la secrète admiration de M. de Maistre pour le Comité de salut public. Telle était la pensée de Saint- Just et de Billaud-Varennes. Les chefs de 1*793 entreprirent d'arracher leur peuple à ses anciens fondements; ils conçurent le projet de l'entraîner dans une sorte de désert d'égarement, loin de toutes ses traditions, de toutes ses habitudes, jusqu'à ce qu'il eût contracté sous le glaive un autre esprit que celui du passé.
Yoilà aussi pourquoi ils tentèrent, par des moyens si divers, de dérouter, de désorienter cette nation, de lui faire perdre et oublier le chemin qu'elle avait suivi jusque-là. Ils entreprirent de changer même les habitudes les plus invétérées, les noms des mois, des semaines, des jours et des saisons. « Si nous votons l'éducation, disait l'un d'eux, nous aurons assez vécu ! »
Dans cette voie, il semble qu'il n'y avait plus qu'un pas à faire pour comprendre que l'éducation d'un peuple, la plus vraie, la plus efficace, la plus digne d'être prise en considération par le législateur, est l'institution religieuse de ce peuple. L'évidence aurait dû éclater sur ce point et montrer que le travail prodigieux que l'on tentait pour dépayser la nation française serait aisément chose illusoire, tant que la forme du passé et les tours de Notre- Dame se montreraient partout à l'horizon. Après un peu de temps, on ne manquerait pas de s'y rallier; tous les systèmes de régénération sociale iraient se perdre dans cette ombre.
Si, dans le terrorisme hébraïque, Moïse se fût contenté d'entraîner les Juifs dans le désert, en leur laissant emporter avec eux leurs anciennes idoles, le peuple, déconcerté d'abord, n'eût pas manqué de revenir au génie de l'Egypte. En vain Moïse aurait redoublé ses menaces et ses exterminations, il aurait tué sans profit pour l'avenir; le sang inutilement versé aurait crié contre lui. Après
quelques années, las d'errer, le peuple juif, conduit par ses dieux de pierre, serait rentré dans sa tranquille servitude. Couvert du sang des douze tribus, Moïse serait aujourd'hui exécrable à la postérité.