Mémoires inédits de Baudot
Écrits dans l'exil, sous la Restauration , ces Mémoires contiennent non-seulement les souvenirs personnels de l'auteur, mais aussi I ien souvent les révélations de ses collègues. Tous ensemble mettaient en com mun leurs témoignages, n'ayant plus d'intérêt passionné à ajourner la vérité.
Voyez aussi les Mémoires de Camot, publiés par son fils.
plus conforme, au caractère de Robespierre ; il restait ainsi maître de son projet, qu'il pouvait nier au besoin. D'ailleurs son orgueil était mieux préservé, l'Achec étant pour la proposition et non pour sa personne.
D'après l'autre récit où il se met d'emblée à découvert, il faut supposer que l'impatience du pouvoir suprême lui ôta la prudence et la circonspection. Rien ne s'oppose à cette version, si Ton réfléchit que, le but se trouvant si près de lui, il y courut avec une impétuosité aveugle, par l'habitude d'être obéi, et parce que sa domination lui parut toujours être le salut et la nécessité de la chose publique.
Tant d'échecs répétés ouvraient de plus en plus son esprit à la haine. Le danger augmentait à vue d'œil pour ses ennemis. En même temps, ceux-ci étaient avertis par les ressentiments d'un despote qui, ne se donnait plus la peine de dissimuler. Les révélations de son projet arrivaient de tous côtés, souvent par la voie où on les attendait le moins.
Saint-Just y servit plus que personne. Tous les écrivains lui attribuent une pudeur farouche qui ne laissait aucune prise à l'indiscrétion des femmes. Comme il faut que tout se sache, je trouve dans les Mémoires d'un de ses compagnons de mission que Saint-Just « le plus terrible des hommes » avait une maîtresse. Il soupait chaque boir chez son secrétaire Gâteau avec elle et d'autres courtisanes. L'une d'elles, en qui la pitié survivait, fit savoir a l'auteur de ces Mémoires * jusqu'où s'étendait la liste des inimitiés