oir AUemagne et Ilalie, philosophie et poésie, p
théorie annonce qu'il est fait pour l'esclavage. Cesse-t-il dépenser? Elle déclare que sa nature est de végéter. S'endort-il ? Evidemment, il n'a point d'âme.
Ce ne seront pas des livres qui referont l'âme humaine, voilée et disparue. Elle se retrouvera, elle se démontrera à elle-même en agissant. De grandes actions qui remettront l'homme à sa place, seraient seules capables de changer les vues et les idées sur la nature humaine.
Jusque-là, comment croire au libre arbitre, quand il n'y en a plus d'exemple, et que chacun suit processionnellement sa voie sous son capuchon de plomb?
On croit forcément à la nécessité d'une autre vie pour l'âme, quand on la sent ici qui déborde par-dessus le vase et qui a besoin de s'épancher dans une meilleure coupe. Mais comment prouver l'immortalité, quand l'âme tarissante ne remplit pas même la capacité de cette vie?
Montrez-moi un acte moral collectif; j'en ferai un système. Sinon, non. Refaites quelque part une conscience, et vous aurez bientôt refait une philosophie. Si tous les astres se voilaient à la fois dans l'univers, que deviendrait l'astronomie comme science d'observation? Les mathématiques pures la soutiendraient dans l'esprit de quelques sages; mais la plupart des hommes la nieraient, ne voyant plus le ciel étoile sur leurs têtes.
Quelquefois la langue d'un peuple se glace subitement dans sa bouche; les mots les plus sacrés ont periu leur accent ; ils ne résonnent plus. Alors, pour vous faire entendre, vous êtes obligé de hausser le ton, comme d vous parliez à un peuple sourd. C'est ainsi que les langues se déforment. Pour leur rendre la vie, l'acfcent, ce n'est plus assez du génie des écrivains: il faut des événements qui réveillent l'âme des peuples et leur ouvrent les oreilles. Chateaubriand eut beau forcer sa voix au commencement du siècle, la littérature n'en fut pas renouvelée. Il itaEut, des quatre bouts de la terre, les trompettes du jugem3nt dernier, en 1814 et 1815, pour tirer l'âme des Français de son prodigieux assoupissement dans la gloire.