‹ La Révolution; rev. et augmentée de la Critique de la RévolutionChapitre 102 sur 117 · Mémoires de Garât · texte numérisé non relu

Mémoires de Garât

étaient déjà à demi environnés. Ils crurent, comme tous les hommes de la Révolution, à certains moments de crise, qu'un discours, une parole de justice était capable de faire rentrer les tempêtes dans leur antre. La poitrine nue, certains de vaincre tant que le génie serait respecté, ils voulurent tenir tête aux fureurs et réprimer, par la pensée toute seule, les débordements de la nature aveugle. Ils se crurent la force de Dieu, pour dire à l'océan mutiné : Tu nïras pas plus loin ! Cette foi dans la puissance de l'âme les perdit, et il semble que cette défaite de l'esprit ait détruit en France la confiance dans le droit; car c'est à peine si on l'a revue à de courts intervalles depuis les Girondins. Mais que cette chute fut grande! Jamais hommes ne tombèrent de si haut.

Page 1