‹ La Révolution; rev. et augmentée de la Critique de la RévolutionChapitre 25 sur 117 · OUVERTURE DES ÉTATS GENERAUX · texte numérisé non relu

OUVERTURE DES ÉTATS GENERAUX

Trente ans après les événements dans lesquels il avait été témoin et acteur, on demandait à Cambon d'écrire desmémoires sur ce qu'il avait vu. — « Voici tout ce que je sais delà Révolution, répondit cet homme de tant de cœur et de sens. On avait allumé un grand phare dans la Constituante; nous l'avons éteint dans la Législative. La nuit s'est faite, et, dans la Convention, nous avons tout tué, amis et ennemis '. »

Puis il ajoutait : — « Après cela, le jour a reparu et le monde a vu clair dans nos œuvres. »

Ces dernières paroles étaient un vœu qui n'a pas encore été accompli; travaillons à ce qu'elles ne soient pas stériles.

Le 4 mai 1*789, les douze cents députés de la France réunis à Versailles se rendirent en procession à l'église de Saint-Louis, où ils entendirent la messe. Déjà on pouvait voir combien ils ressemblaient peu à leurs ancêtres. En face des autels, ils semblèrent n'attendre leur salut que d'eux-mêmes; d'ailleurs tous inconnus les uns aux autres. Les plus ignorés ou les plus méprisés devaient être bientôt les plus redoutables.

Le lendemain, ils se revirent en présence du roi. Si la noblesse et le clergé affectaient, par le costume et les dehors, de paraître semblables en tout à ce qu'ils avaient été, le changement était grand dans le tiers. Ce n'étaient plus ces communes agenouillées de 1614, qui semblaient demander grâce au moment même où elles faisaient la loi. Tous sortirent de cette première rencontre persuadés qu'un monde nouveau, inconnu des ancêtres, s'annonçait avec

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