UNE HYPOTHESE CHANGÉE EN AFFIRMATION
Voilà les impressions d'un critique sincère, que je suppose travaillé en sens contraire par les idées confuses jetées à plaisir dans ces questions. Venons maintenant à la pensée vraie et aux expressions littérales de l'auteur. Laissons-le parler lui-même :
« La tolérance est l'esprit même de nos temps; c'est l'idée sans laquelle la société moderne ne peut se concevoir 4. »
« L'idée qui prévaut de nos jours dans les esprits et qui est la véritable , la séparation de l'Eglise et de l'Etat , était celle dont on était le plus loin en 1789 \ »
■ « Tolérance mutuelle! Comment est-il arrivé que ce principe magnanime, qu il faudrait être insensé pour ne pas accepter, n'ait point produit ce que le dix-huitième siècle en attendait3? »
« Les temps ont semblé démontrer que les hommes de la Constituante eussent mieux fait de ne pas toucher aux cultes, et de s'en tenir au principe de non-intervention du pouvoir civil, en matière religieuse 4. »
« Je prie qu'on ne fasse pas semblant de se méprendre sur ma pensée. Je sais comme tout le monde que la liberté des cultes est le principe qui doit prévaloir, qu'il est le fond de la conscience moderne. Mais je crois pouvoir dire que les révolutionnaires étaient en contradiction avec eux-mêmes... 5. »
Connaît-on des expressions plus claires, plus absolues, qui ôtent mieux à un écrivain la faculté de se rétracter? Qu'on le dise. Pour moi, je n'en connais pas. Comment donc a-t-on pu faire passer l'auteur de ces lignes pour un ennemi de la tolérance qu'il proclame à chaque mot ? Si l'on veut tout brouiller, la chose est facile. Par exemple, il dit, page 120 : « Si donc on se place un moment dans le système des Terroristes... » et un peu plus loin, page 123 : « Ni art, ni habileté ne renversera ce dilemme : Si Ton voulait la Terreur, il