LART MILITAIRE
L'art militaire nous donne un point mathématique pou/ nous orienter au milieu des accusations fiévreuses des partis.
Quand Guibert écrivit son traité de tactique, en 1789, il commença par déclarer que les grandes guerres étaient finies et que Ton ne reverrait plus de batailles. Voilà ce que proclamait la théorie. C'était justement à la veille des batailles qui ont rempli un quart de siècle.
Il est frappant que tout ce qui regarde le métier, les évolutions, les manœuvres, ait été réglé dès 1791 dans l'ordonnance qui devint la table de la loi de l'armée; ces dispositions semblèrent si complètes dès l'origine, que pendant cinquante ans on n'y ajouta pas un détail important.
Les guerres de la République et de l'Empire se succédèrent sans modifier ce code des batailles. Frédéric avait innové. La Révolution et Napoléon reçurent de ses mains le mécanisme porté à sa perfection. Sans doute ils devaient y ajouter beaucoup, mais principalement dans ce que Napoléon appelle la partie divine de l'art. C'est ainsi que, dans tous les arts, les plus grands chefs-d'œuvre ne se pro-
duisent que lorsque la partie mécanique a reçu déjà de la génération précédente son complet développement.
Les procédés de la peinture murale avaient été inventés avant Michel-Ange et Raphaël; voilà pourquoi ils les mirent si librement en usage. De même ces terribles peintres de fresque, Kléber, Hoche, Marceau, Moreau, Bonaparte; ils n'eurent pas à broyer leurs couleurs.