Le maréchal Gouvion Saint- Cyr
cher sur Paris, convaincue qu'en frappant la tête, elle serait maîtresse des membres. Ce plan, qui pouvait seul réussir, fut abandonné après l'expérience de 1*792 ; il ne sera repris que vingt-deux ans plus tard, contre l'Empire.
On peut dire que, dans cet intervalle, le souvenir de l'Argonne protégea la France, puisque désormais l'audace manqua aux étrangers; ils avaient vu de près la Révolution à son foyer; ils en avaient rapporté un sentiment d'épouvante ou de respect.
On ne les verra plus se jeter, tête baissée, dans le gouffre ; la témérité leur ayant si mal réussi, ils retournent à l'ancienne prudence, à la guerre de sièges. Ils ne tenteront plus désormais un pas, sans s'être assurés des places fortes ; par là, ils donneront à la Révolution le temps de se reconnaître; ne sera-ce pas son salut?
Dès que les étrangers reprenaient l'ancienne tactique, au moment où la France inaugurait la nouvelle, ils perdaient leurs avantages. C'était la lutte entre l'art suranné et le grand art moderne; celui-ci ne pouvait manquer de l'emporter. Dès ce moment, il est permis de se demander si le terrorisme était nécessaire pour que le plan le meilleur l'emportât sur le pire, et si l'art a besoin de l'échafaud. Question qui ne se présente ici qu'indirectement et qui sera examinée plus loin.