NOT./IS DECEMBRE
Trotski, tant (u'il a les mains libr^o ae ^^^ d'agir. Il a envoyé la délégation ^ ■ox^^^'^^'
tovsk pour la seconde conférence. 11 donne un communiqué aujourd'hui, dans lequel on voit apparaître pour la première fois le mot « paix ». Voici la phrase :
« Après une interruption de huit jours, la délégation russe est repartie pour Brest-Litovsk, pour continuer les pourparlers d'armistice. La délégation russe a mandat, si l'armistice est si'gné, d'entrer dans des pourparlers de paix. »
Le reste de la note est pure phraséologie :
« Les principes de la paix démocratique m, « l'indépendance des peuples », a la responsabilité des alliés », ce sont des mots vides de sens.
Trotskî veut une paix séparée, immédiate, quelle qu'elle soit, la paix tout de suite, celle que l'Allemagne voudra bien donner. L'accord est fait. Les pourparlers sont une comédie. On s'est entendu avant le lever du rideau. Trotski si^era la paix avant que la Constituante soit réunie.
Comme il se hâte, Trotski, comme il a pei que quelque chose d'imprévu ne survienr
avant que toul soit fini! Quelle fièvre il montre! Arrestation des cadets, arrestation hier de quatre comités de régiments qui ne donnent pas toutes garanties, renversement de tout l'édifice judiciaire, «réation foudroyante de tribunaux spéciaux « populo-révolutionnaires 1», composés de dix soldats, marins, ouvriers et ouvrières « choisis parmi les plus dévoués au peuple et nommés par le gouvernement des Soviets », suppression de la commission d'organisation des troupes polonaises (suspectes), Kaledine et tous les chefs cosaques mis hors la loi, arrestation de la Commission des élections à la Constituante... Où ce Trolski trépidant prend-il seulement le temps de lire et de signer les arrêtés qu'il publie? Et il parle encore- Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques phrases de son discours d'hier!
Parlant de la paix, Trotski dit :
(1 Les alliés sont venus chez nous, à Smolny, Ijour nous prévenir que les Allemands, rusés, nous roulerons lors des pourpac^^^-c,. '^*'*^^ nous sommes cent fois plus forts ç, c&'» ^^" ses d'Allemands... Chez nous, il ^ * ^
d'abîme entre le gouvernement et le peuple.
Chez eux, le gouvernement sent que tout branle, la bourgeoisie est affaiblie. Si le igouvernement allemand ne consent pas à ce que le»
populations <de Courlande et de Lithuanie expriment leur volonté sur le régime qu'elles désirent, nous inonderons les tranchées ennemies de millions de proclamations en allemand. »
Sur les alliés, Trotski dit :
« Si les gouvernements alliés n'acceptent pas nos conditions, ils seront balayés en une semaine. »
Sur le front intérieur :
« La population doit elle-même surveiller les ennemis du peuple, les cadets, qui fournissent de l'argent aux généraux cosaques, et les fonctionnaires saboteurs; ils devront errer de rue en rue, de ville en ville, sans pain et sans gîte. Les tribunaux populo-révolutionnaires guettent les classes possédantes... »
Sur la Constituante :
« Les bolcheviques peuvent s'y trouver en minorité, mais qu'est-ce que cela fait? Sur
quoi s'appuierait lune majorité qui ne serait pas la nôtre? Sur les garnisons de Petrograd et de Moscou, ou bien sur la jgarde rouge? Milioukof osera-t-il dire que les travailleurs n'ont pas besoin de la terre ou qu'il ne faut pas la paix?... Les élections ont eu lieu alors que la terre était encore aux mains des proprîétairesyf onciers, les banques aux banquiers, les magasins aux commerçants, les immeubles aux propriétaires. Sont-ce là des élections libres? Non! Les élections seront libres quand on aura pris aux classes dirigeantes tout ce qu'elles possèdent. »
Voilà Trotski. Voilà la machine qui meut toute la 'Russie. Elle est surchauffée. Tiendrat-eHe longtemps l'allure folle à laquelle elle nous emporte?
Il y a ici une grandeur tragique qui donne le vertige. Jamais homme ne s*est tendu vers son but avec une décision si ferme. Il faut que tout cède devant lui, car il brisera les obstaclés à son passage, à moins que... / :V *