mars
• Je revois des amis russes.
Les pauvres gens ! Ils sont dans l'horrible situation d'un homme tombé au dernier degré de la misère et qui se sent impuissant à essayer même de se relever. Il attend une main secourable, fût-ce celle de son pire ennemi. Il sait, qu'à lui seul, il restera dans le trou où il a glissé. Il sait, qu'abandonné à lui-même, il sera étouffé par la boue qui le couvre. Mais il est assez clairvoyant encore pour ne pas être insensible à la honte de cet appel à l'ennemi.
Quel concert de lamentations ! Je ne vois que Jérémies ; je n'entends que Jobs sur leur fumier ! Jamais plus terribles invectives ne furent pro-
noncées sur la Russie que par les Russes d'aujourd'hui !
Naguère, devant nous, ils cherchaient à cacher la nudité de la mère patrie. Dans aucun pays, l'étranger n'était « enguirlandé », comme ils disaient, avec un art plus parfait, avec une entente générale et tacite de ne. montrer que les beaux dehors de la Russie, ses côtés agréables, ses charmes, sa séduction. C'était un mensonge universel et poursuivi avec une adresse diabolique. Jamais Russe devant un étranger n'était vraiment sincère. Il mentait pieusement, ad inajorem gloriam Rossii. L'Occidental cultivé qui parcourait la Russie y faisait des voyages semblables à ceux que ' Potemkine préparait à sa maîtresse, la grande Catherine, lorsqu'il l'emmena en Crimée, la faisant précéder de villages en carton, transportés dans des chariots et qui étaient plantés rapidement sous les saules au bord des fleuves tandis qu'une figuration de paysans d'opéra-comique, bien vêtus et agréables, jouaient de la balalaïka^ le soir au clair de lune.
Nous tous qui avons voyagé en Russie nous avons refait le voyage de la grande Catherine.
Partout nous rencontrions des gens lettrés, fins, qui avaient tout lu et en savaient davantage, des grands seigneurs désabusés, un peu sceptiques, des hommes d'Etat fermés, mystérieux, qui, sous leurs paupières demi-closes, semblaient cacher
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les trésors d'une sagesse séculaire et les secrets indicibles de l'art de gouverner les hommes. Avec quelle condescendance polie on nous parlait, comme on prenait soin de nous cacher, tout en s'arrangeant pour en laisser voir un brin, le mépris que l'on avait pour ces Français turbulents et jamais satisfaits, qui changeaient de gouvernement plus souvent qu'un Serbe de chemise. Avec quelle nonchalance étudiée on nous laissait entrevoir les forces immenses, les ressources illimitées de la Russie, réservoir inépuisable d'hommes et de richesses. Sans doute nous avions donné beaucoup au monde, mais nous étions épuisés. Nos temps étaient passés. L'heure slave sonnait, l'heure de la plus grande Russie. Le peuple « porteur de Dieu » entrait en conquérant dans le vieux monde pourri. Les chantres du slavisme,les Dostoïevski, les Tolstoï, perdaient toute notion de la réalité dès qu'ils parlaient du peuple « porteur de Dieu ». « Les possibilités infinies de l'âme slave, la grandeur du cœur slave ». II semblait que c'était avec le cœur russe qu'on allait gagner des batailles sur les champs de l'industrie, du commerce, de la guerre ou des sciences. Un élan mystique, et la solide armature du vieux monde forgée par le sang, le travail, la méthode et l'intelligence s'écroulerait devant un soupir échappé au grand cœur slave.
Chose admirable : les Russes eux-mêmes qui
propageaient cette prophétie avec un sérieux et une foi imperturbables n'en étaient pas dupes. Personne — sauf quelques exaltés — ne croyait à ces mensonges soutenus par l'artifice de tous. Non, on n'y croyait pas, mais « cela faisait bien ».
Je me souviens d'un mot de Goremykine, premier ministre sous Nicolas II, vieux renard à l'œil malin, qui professait le plus pur absolutisme et se refusait systématiquement à tout essai de réforme, même légère. 11 disait, à un Russe, sans doute :
— Ici, il ne faut toucher à rien. Si on porte la main sur une partie quelconque de l'édifice, tout s'écroulera avec un fracas affreux, et des miasmes mortels s'élèveront des ruines.
Il connaissait son pays, sa faiblesse organique, le manque d'hommes, l'absence de tradition, la notion de l'Etat inexistante, celle de patrie encore obscure, la faiblesse générale de tous devant leurs désirs, l'impossibilité de créer une règle, de faire observer une discipline, de donner une méthode à ces cerveaux slaves. Une police, une police, une police, voilà le seul gouvernement de la Russie, aux yeux de Goremykine.
Mais devant l'étranger, il badigeonnait avec art la façade que la Russie présentait à l'Europe.
Un ancien ami à moi, que j'ai souvent consulté avec fruit, un homme âgé et de grande culture, me reçoit ainsi :
— Autrefois, monsieur Anet, j'étais obligé de vous dire beaucoup de choses que je savais n'être pas exactes. Ne croyez pas que je me trompais. Je connais mes compatriotes. Je sais leurs défauts et leurs vices, si je les taisais. Kien de ce qui arrive aujourd'hui ne m'étonne. Maintenant je vous dirai la vérité. Nous sommes perdus, il faut venir à notre aide. Si ce n'est vous, c'est les Allemands qui viendront, et on les recevra comme des bienfaiteurs...
f Je connais l'orgueil de mon vieil ami, orgueil qu'il a en commun avec tous les Russes et, à l'entendre parler ainsi, j'ai mesuré la profondeur de la chute. On n'essaie même plus de voiler la vérité.
Une fois les écluses ouvertes, c'est un débordement de malédictions et de plaintes. Je ne m'en ferai pas Técho. A mon tour, je jetterai un voile sur la Russie gémissante et accablée.
Mais il faut noter ici un trait curieux. Dans l'excès même des critiques, des reproches, des accusations qu'il profère contre lui-même, le Russe pense offrir à celui qui l'écoute, comme une excuse personnelle. Pour la faire agréer de son auditeur, et emporté par l'instinct d'artiste qui ne meurt jamais en lui, il compose un tableau ravissant de sa propre turpitude et déploie un talent admirable à se peindre sous les plus tristes couleurs. Tandis qu'il anime ainsi sous vos yeux
une peinture achevée de ses défauts, l'art accomplit son œuvre essentielle de purgation et, se sentant réhabilité par sa virtuosité créatrice, il nous regarde du coin de l'œil, comme pour vous glisser muettement cet appât : « Hein ! Quel artiste je meurs ! Et comme cela est dommage, car tout de même, avec un homme aussi doué que moi, il y aurait toujours des ressources. »
11 y a cela et il y a un peu plus. Il y a un goût un peu sadique de se flageller en public. C'est douloureux, mais non sans quelque agrément et c'est tout de même, par la pointe de volupté qui s'y mêle, la meilleure façon de racheter ses péchés. Cette flagellation, chère à tant de sectes russes, Ta-t-on assez pratiquée depuis un an de révolution et dans les journaux et dans les conversations ! Je crois l'avoir noté déjà. Jamais, en aucun pays, on n'a entendu symphonie plus unanime de plaintes et lamentations, de confessions publiques de faiblesse, d'incapacité, de malhonnêteté, que celle que nous ont offerte les Russes de tous partis pendant la révolution. « Seigneur, nous avons péché ! Seigneur, nous avons péché ! »
Ce chœur rythmique est chanté par des voix graves, harmonieuses et concertées.Oui, à ce moment même, le Russe cherche encore à nous étonner et, peut-être, à nous séduire.
Dans la pire dégradation, il reste émouvant. J'ai souvent pensé aux ivrognes qu'on trouve à
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presque toutes les pa^es des romans russes et, singulièrement, dans ceux de Dostoïevski. Chez nous, un ivrogne professionnel est une brute. Le romancier se détourne de lui. Dostoïevski, au contraire, décrit ses ivrognes avec une sympathie évidente et qui de nous n'a écouté, avec une curiosité où se mêlait quelqu'émotion, les longs monologues du père de Sonia, dans Crime et Châtiment^ l'étonnant Marmeladof !
Et, je me souviens d'un mot du chargé d'affaires de Russie à Londres au mois d'août 1917, M. Nabokof. Nous causions du désordre, de l'anarchie où était tombée la Russie, et je disais combien, malgré tous les défauts et les vices affreux qui s'étalent maintenant au grand jour de la révolution, je l'aimais encore.
Et M. Nabokof, se levant, me dit :
— Oui, la Russie, c'est comme le père Karamasof, dans le roman de Dostoïevski. C'est un homme perdu, un ivrogne, un débauché ; il a les mains couvertes de sang... Et, malgré tout, il est irrésistible.
Les meilleurs esprits que je rencontre évitent toute conversation sur l'âme russe, ses qualités et ses défauts. Un homme tombé à l'eau ne se met pas à disserter sur les propriétés de l'eau, sa température, sa densité, etc., etc.. 11 nage pour se sauver et regagner la terre. Quelques amis à moi
examinent avec sang-froid, de la façon la plus objective, la situation de la Russie aujourd'hui. 11 ne s'agit pas de savoir si telle ou telle solution sera plus ou moins agréable, il importe de savoir comment on sauvera le pays.
A leurs yeux, il est clair que la Russie est incapable, dans la situation présente, de se relever. Son inertie est telle qu'elle ne pourra secouer le joug d'une poignée de bolcheviques qui se sont emparés du pouvoir. Dans ce pays de paresse in- 1| finie et où l'idée de patrie existe dans l'âme de quelques hommes à peine, les maximalistes ont la partie belle. Us disent aux soldats :
— Ne te bats pas, je te donne la paix.
Et ils font la paix de Brest-Litovsk par laquelle le plus grand empire du monde, avec 12 millions de soldats, abandonne plus de 200.000 kilomètres carrés à l'ennemi ; lui donne, en outre, les greniers à blé de l'Ukraine, et, en plus des 25 millions de Polonais, Baltes, Lithuaniens et Gourlandais, 25 millions de Petits Russiens.
Le soldat, à qui il est indifférent de servir Charles, Guillaume ou Nicolas, répond : « Ça va bien » et rentre chez lui.
Les maximalistes disent à l'ouvrier :
— Ne travaille pas et je triple ta paie. Tu con^ trôleras l'usine et ses revenus passeront dans t( poche.
— Bon, fait l'ouvrier, j'avais toujours pensé
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que la république maximaliste est la meilleure.
Aux paysans, Lénine montre les terres des grands propriétaires, les installations modèles, les machines agricoles, le bétail, les fermes.
— Prends tout cela et réjouis-toi.
^ — Kharacho, répond le paysan. Prenons tout et nous verrons bien.
Soldat, ouvrier, paysan n'en savent pas davantage.
Le soldat.
Pour le soldat, la guerre est finie. Voilà un résultat. 11 est vrai que la guerre n'était pas si terrible que le racontent les gazettes bolcheviques. Sur le front russe, depuis la révolution, la mortalité était moins grande qu'au village. On y vivait dans une oisiveté charmante : on était nourri, logé, habillé, et on avait du temps de reste pour se livrer à mille commerces ingénieux. Par exemple, on vendait pour une centaine de roubles ses bottes toutes neuves à un riche paysan ou à un bourgeois de la ville. Le lendemain, avec quelques camarades, on entrait chez lui et on lui reprenait les bottes. On recevait du fourrage pour les chevaux de la batterie. On offrait le fourrage aux Allemands. Us sont de bonne paye. Quelques jours après, il fallait bien leur céder les chevaux aussi, puisqu'on n'avait plus de quoi les nourrir.
Et les canons ? A quoi peuvent servir des canons quand on ne se bat pas et qu'on n'a plus de chevaux pour les traîner? Les canons, cela vaut beaucoup d'argent. Plus d'une batterie russe a passé ainsi les lignes ennemies.
Ou bien encore on montait dans un train, sans payer cela s'entend. On s'installait, confortablement, en première classe. Dans le couloir étaient entassés, debout, de sales bourgeois. Alors on faisait une petite affaire ! Pour 25 ou 50 roubles, on offrait sa place. On descendait à la première station et le tour était joué.
Il y avait aussi la vente des cigarettes, du beurre, de la viande, des pommes de terre, de tout ce que l'on peut voler ou acheter à bas prix et revendre très cher.
Il faut quitter tout cela pour rentrer dans l'incertain de la vie du village où l'on ne trouve ni sucre, ni thé, ni bottes, ni vêtements et où, tout de même, à l'heure venue, il faudra travailler. Travailler, voilà ce dont on a perdu l'habitude pendant la guerre d'abord, et surtout pendant cette bienheureuse révolution qui a érigé en dogme le droit de l'homme à la paresse.
Alors, le soldat réfléchit. Il était avec les maximalistes quand ceux-ci lui disaient de ne pas se| battre et l'entretenaient à ne rien faire. Il cesse d'être avec eux lorsqu'il s'agit de gagner sa vie la sueur de son front.
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J'ai ici quelques renseignements sur la vie d'un village près de Novgorod et sur la rentrée des soldats. Ils me sont rapportés par mon ancienne cuisinière Nastia, qui, mourant de peur à Petrograd, lors de la révolution maximaliste, m'avait quitté pour rentrer chez elle. Elle s'est ennuyée au village et, en janvier, elle est venue me voir.
Son village a cent feux.
— Eh bien, lui dis-je, avez-vous pris les terres des grands propriétaires?
— Barine, répond-elle, nous n'avons pas de propriétaires chez nous et pas de terres à partager. Il faut aller à vingt-cinq kilomètres pour trouver un bien. Mais les habitants du village voisin ne nous laissent pas approcher. Ils gardent les terres pour eux.
— Et vos soldats sont-ils rentrés?
— Oui, ils sont revenus, les uns après les autres. Depuis six mois, le retour a commencé. Maintenant, ils sont tous là.
— Et, combien en avez-vous perdu à la guerre ?
— Pas un, barine. Us sont tous vivants chez nous, sauf trois prisonniers qui sont en Allemagne, grâce à Dieu, en bonne santé.
— Et ceux qui sont rentrés sont-ils contents ?
— Ils ne font rien, barine. C'est le désespoir de leurs parents. Ils ne veulent pas travailler. Le malheur est que le village a perdu les prisonniers autrichiens que nous avions depuis trois ans. Ah !
c'étaient de braves gens et honnêtes ! L'un d'eux était berger. Petit à petit, on lui avait confié toutes les bêtes du village. Eh bien, barine, en trois ans, il n'en a pas perdu une seule. Ils sont partis ; maintenant, que fera-t-on sans eux?
— Et vos soldats, ont-ils rapporté leurs armes?
— Non, pas les nôtres. iMais, près de chez nous, nous avons des villages lithuaniens. Là, les hommes ont leurs fusils. Ils montent la garde sur la route, et on ne passe pas. Dans ces villages, ils ont du beurre, de la farine, du gruau, de la viande. Mais ils défendent leurs provisions. Chez nous, on vole beaucoup. Naturellement, il n'y a plus de police. Si on attrape le voleur, on le bat jusqu'à ce qu'il en crève. Mais, le plus souvent, on ne l'attrape pas.
— Gomment se sont faites les élections à la Constituante ?
— Voilà, le village ne savait pas comment voter. Nous n'avions point de journaux et pas de listes. Mais le dernier jour, un agitateur est venu. 11 a sorti des bulletins de sa poche.
— Pour quelle liste, Nastia ?
— r Je ne sais pas, barine, mais tout le village a-j
voté comme il nous a dit.
Tel est le petit tableau sincère que la brave Nastia m'a tracé de la vie de son village pendant, les mois d'hiver de la Révolution.
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L'ouvrier.
L'ouvrier a fait, avec le soldat, la révolution. Il touchait de gros salaires, mais il travaillait. Dès les premiers jours de liberté, il a compris la supériorité de la révolution sur tous autres régimes. 11 a chômé pendant deux ou trois semaines pour mettre à bas l'ancien régime et installer le gouvernement de son choix. Son gouvernement a déclaré tout aussitôt que les journées de grève lui seraient payées à plein tarif. 11 a vécu les six premiers mois de la révolution comme il a pu. Il travaillait moins. 11 avait la journée de huit heures. En outre, les matières premières n'arrivaient pas en quantité suffisante et le chômage se généralisait. xMais on payait toujours. 11 est vrai que la vie augmentait de prix chaque semaine et que les vivres diminuaient. La liberté donnait tout, sauf du pain.
Le mécontentement grandissait, car il ne suffit pas de voter pour être heureux, il faut manger. Les maximalistes lui expliquèrent que tous ses malheurs étaient dus aux socialistes-révolutionnaires qui n'étaient, au fond, que d'affreux bourgeois, que le régime de la propriété était le même que sous le tsar et qu'il fallait un bouleversement complet de la société pour faire enfin passer le
pouvoir et les richesses des classes dirigeantes aux mains du pauvre ouvrier.
L'ouvrier a marché derrière Lénine et Trotski. Du coup, il a cru toucher aux paradis rêvés. Les salaires ont encore été élevés. Il est devenu le maître effectif de l'usine par la loi sur le contrôle ouvrier. Mais qu'a-t-il vu? Les matières premières arrivaient de moins en moins. Les patrons ruinés abandonnaient l'usine en faillite. Le nombre d'usines fermées augmentait chaque jour. De celles qui restaient ouvertes, on était obligé de renvoyer un grand nombre d'ouvriers. Les plus jeunes s'enrôlaient dans la garde-rouge. Les vieux, les spécialistes, se. trouvaient en face de difficultés grandissantes. Le pain diminuait, les provisions s'épuisaient. On ne trouvait rien à acheter et le peu qu'on avait atteignait des prix prohibitifs. J
L'ouvrier comprend qu'il a gagné des liberté^! politiques et a détruit l'état social capitaliste. Gela, c'est une conception. Mais la réalité est qu'il n'a pas de travail et qu'il crève de faim. Cela, c'est • un fait.
il est beau de décréter la journée de huit heures avec triple paie. Mais si l'usine ruinée se ferme, il n'y a ni huit heures, ni paie. Et le malheur est qu'on ne peut plus accuser le bourgeois de vivre du sang du prolétaire et de s'enrichir à ses dépens, car le bourgeois a été ruiné avant l'ouvrier
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et ne joue plus aucun rôle dans la vie politique et économique de la Russie.
L'ouvrier sérieux n'est plus maximaliste, mais, en tant qu'il est Russe, et de réaction lente, il n'est rien qu'un être souffrant et malheureux qui ne sait à qui s'en prendre.
Le paysan.
Le paysan ? Du jour où la révolution a éclaté, il a réclamé la terre. Et, de ce même jour, on la lui a promise. Pendant la première période de la révolution, la politique agraire a été confuse, comme toute la politique russe. Il devait avoir la terre, mais il ne l'avait pas. Des comités agraires ont été formés pour assurer l'exécution de la réforme. Un plan de la socialisation de la terre fut préparé avec un soin minutieux dans le détail et une absence de précision dans les principes tout à fait caractéristiques des plans formés dans ce pays \ Impatienté, le paysan, par places, a pris les biens de quelques grands propriétaires, cela non sans violence, pillage et destruction.
Les maximalistes ont décrété la mise en vigueur du projet de nationalisation en 30 ou 40 articles. Mais lorsqu'il s'est agi de l'appliquer, on s'est