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dent, à deux mois de distance, aux cinq coups de revol-' ver qui ont abattu Raspoutine devant la petite porte mystérieuse du palais Youssoupof.
Partout, joie extraordinaire, les gens s’embrassent ; les soldats sont gais et triomphants. À la Douma, enthousiasme ; les comités siègent en chambres des commissions. Les nouvelles arrivent de partout. La ville entière est gagnée à la Révolution. |
Galitzine — Ô comble ! — a adressé sa démission. À qui? À Rodzianko.
Un joyeux et intelligent soldat me dit :
. « Vous voyez tout ce que nous avons fait en unjour. Nous avons le télégraphe. Moscou est avec nous. »
La nouvelle la plus significative est celle-ci, Broussilof et Russki ont envoyé au tsar le télégramme demandé par Rodzianko!
Russki a répondu : |
° « J'ai fait ce que vous m'avez demandé. »
Broussilof a dit :
Fr
« J'ai reçu votre télégramme. J’ai accompli mon devoir envers la patrie et erfvers l’empereur. »
Les gestes des plus hauts chefs de l’armée répondent aux cris des soldats entendus ce matin dans Litheini.
À la Douma.
Mardi 28 février/13 mars.
Ce matin, Nastia a trouvé du pain à la boulangerie.
C’est un miracle dont va bénéficier la révolution. Pour-”
tant, comme le disait quelques minutes plus tard à l'ambassadeur de France le brave Pokrovski, ex-ministre des Affaires étrangères, qui occupe encore son cabinet au ministère des Affaires étrangères : « Ce pain, c’est nous qui l’avons fait venir. »
Vers onze heures et demie, je vais à la Douma. La rue est animée. Temps toujours splendide. Des groupes de soldats débraillés, des ouvriers armés, des passants, des femmes du peuple. Des autos arrivent pleines de soldats, dont les fusils passent, menaçants, par les portières. Où il y a place pour quatre personnes, douze s’entassent. Sur les garde-crotte, de chaque côté, un soldat est allongé, la baïonnette au fusil, tendue devant lüi. Il semble ainsi une personnification toute moderne de la victoire. Sur Litheini, le palais de justice continue à brûler. Les flammes jaillissent par les fenêtres.
« Ce sont les archives de la justice qui brûlent, crie un soldat.