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CONSEIL DES DÉPUTÉS ET OUVRIERS

Sur la proposition du comité exécutif de la Douma impériale, le colonel du quartier général, Engelhart, membre de la Douma, est nommé commandant de la garnison de Petrograd." Il a pris possession de son poste à minuit.

Le comité temporaire a désigné le membre de la Douma Boubikof pour surveiller les chemins de fer. Voici la liste des personnages politiques arrêtés à ce jour : |

Sturmer, ancien président du Conseil des minisires ;

Général Kourlof, ancien adjoint de Protopopof ;

Reyn, ex-ministre de la Santé publique ;

Chirinski-Chahmatof, membre du Conseil impérial ;

Kémissarof, remplaçant de Kourlof ;

Borissof, adjoint du ministre des Voies et Communications ;

Bogachef, chef de la direction des chemins de fer;

Général Balk, préfet de Petrograd ;

Makaveef, chef de l’Académie de médecine militaire ;

Zabeline, chef de la direction des écoles militaires ;

Vice-amiral Karsof, amiral Hirs et beaucoup d’autres. | |

On ne mentionne pas le métropolite Pytirime.

La station de téléphone a été abandonnée par les troupes du gouvernement chargées de la défendre. Les téléphonistes avaient fui. Les mécaniciens envoyés par le Comité organisent le service.

Les armées révolutionnaires ont occupé le ministère des Voies et Communications.

Après deux heures, arrive à la Douma un lieutenantcolonel du quartier général apportant, de la part du chef du quartier général, un paquet adressé au président du Comité exécutif, Rodzianko.

Maklakof, avec des soldats, occupe le palais de justice.

L'Académie de médecine militaire, au complet, arrive vers quatre heures.

À deux heures le membre de la Douma, prêtre Popof second, bénit les troupes révolutionnaires.

Les bruits les plus divers circulent. Les perquisitions faites dans les appartements des ministres n’ont pas donné de résultats.

Les régiments de Sibérie.

Ce matin sont arrivés par la gare Nicolas deux réginents sibériens qui se sont mis à la disposition de la Jouma.

4o LA RÉVOLUTION RUSSE

Calme sur les chemins de fer.

Le communiqué officiel déclare qu’entre Mosco ct Petrograd les communications se font normal ment.

Les Banques.

Le conseil des banques a décidé, en vue de la trar quillité rétablie, de rouvrir les banques.

On a confié au membre de la Douma de vill Krijanovski, le soin d’organiser la ‘milice. Les ét diants sont priés de s'inscrire.

Le comité militaire technique publie l'appel su vant:

« Citoyens,

« Il est très important d’avoir l’ordre dans la rut Aidezà créer et soutenir l'ordre. Soumettez-vous au patrouilles. :

« En tête des patrouilles sont les chefs avec band blanche au bras gauche.

« Chaque heure, une auto à drapeau blanc pass prendre le rapport du chef de la patrouille. Les résu tats sont communiqués au bureau. Les chefs sont remplacés toutes les deux heures. Les chefs doive: veiller à ce que:

€ 1° La patrouille reste sur place et armée ;

«& 2° Il n’y ait pas d’ivrognerie ;

À PETROGRAD ET AUX ARMÉES Lx

« 3° On ne tire pas sans ordre; « 4° Il n’y ait ni pillage ni incendie. »

Appel aux étudiants :

« Camarades,

« Îl faut une organisation pour soutenir l'ordre : Inscrivez-vous.

« Signe : brassard blanc au bras gauche.

« Obligations :

« 1° Empécher le ür désordonné ;

« 2° Enlever les armes aux mineurs et aux gens 1Vres ;

« 3° Empècher le pillage ;

« 4° Surveiller l’ordre général dansles rues endroits publics, etc. En cas de nécessité, recourir à la force, c’est-à-dire s'adresser aux patrouilles. »

Je sors encore au crépuscule. La ville est loin d’être calme. On entend sans fin des coups de feu. Je me promène le long de Fontanka, dans cet endroit charmant qui, du Jardin d'été, va jusqu’au second pont de Fontanka. On tire de l’un à l’autre côté du canal. On tire avec suite et on entend les balles taper sur les murs. Et, Ô surprise! voilà le crépitement d’une mitrailleuse sur l’autre rive du canal. Je m'aperçois que je suis tout seul sur le quai. Je continue à avancer quand, au coïn du jardin, je tombe sur trois soldats

couchés dans la neige, qui visent les toits de la rive opposée et me crient:

« On ne passe pas | »

Je rebrousse chemin sans comprendre contre quels ennemis invisibles se-battent ces soldats. à qui la ville

appartient, ni qui manie cette mitrailleuse cachée. .

J'essaie de rentrer par Mokhovaia: un officier m'’arrête :

« Impossible de passer. On tire du numéro 27. »

Je regagne Litheini. Là aussi on tire, mais au

hasard.

« Provocation, disent les gens. »

Dans tout le quartier, et jusqu’à Souvorowski, la fusillade est plus vive que jamais. On assure que des agents de la police secrète ont des fusils et des mitrailleuses, qu’ils montent dans les maisons et, du toit, tirent dans la foule et sur les soldats pour créer des paniques. Il est certain qu'ils causent un énervement général et que, ce soir, il est fort dangereux de sortir de chez soi. | .« Les soldats, méthodiquement, fouillent maison

après maison, jusqu'aux greniers. Îls viennent aussi

chéz moi. | | Est-il vraisemblable que des agents de l’ancien pouvoir, sans ordres, sans chefs, aient l’héroïsme de risquer leur vie pour un régime déchu?

Mais que l’on tire des maisons, et même à mitrailleuse, il n’y a pas à en douter, j'en suis témoin,

Dee nue ne RE 2 mn

Je fais quelques visites. Je trouve des gens atterrés au fond de leurs appartements, nerveux, inquiets, troublés, sursautant au moindre bruit. On s’embrasse comme si l’on venait de traverser de grands dangers.

L’incertitude du moment présent est lourdement angoissante. Où allons-nous? Que se passera-t-il demain ? Verrons-nous arriver une armée régulière du * front pour s'emparer de la capitale? La neige de ces rues sera-t-elle rougie de sang? La dynastie va-t-elle sombrer dans la tourmente ? L'empereur, comme certains le croient qui le connaissent, se prépare-t-il À la mort, préférable à ses yeux à des concessions humiliantes ? Un gouvernement nommé à Petrograd sera-t-il accepté par la Russie? Saura-t-1l rétablir l’ordre? Ces milliers de soldats qui ont arraché les épaulettes de leurs officiers, comment les fera-t-on rentrer dans les casernes? Quelle autorité accepteront-ils? Si les vivres, comme c’est probable, viennent à manquer, ne se mettront-ils pas à piller ? Et qui les arréterait dans une ville où toute autorité a été anéantie, où la police n'existe plus ? Et rester chez soi, les bras croisés ! Attendre, rien n’est plus dur !

Chez les Français que je vois, comme chez moimême, la grande question, la terrible question est elle-ci : — Et la guerre, quelle influence aura cette révolution sur la guerre? Comment nos camarades

ur le front apprendront-ils que les régiments de la arde se sont révoltés et que la capitale est dans la

plus complète anarchie? — Le moins mauvais que

l’on puisse espérer est un retard de deux ou trois

semaines dans la fabrication des munitions de guerre et dans les envois sur le front. Mais ne verrons-nous pas une longue période d’anarchie avec désordres chroniques ? Et nous pensons aux illuminations à Berlin qui n’attendait que cette heure, son seul salut, et nous pensons à tous ceux qui veillent, de la Manche à l'Alsace, en face des lignes allemandes.

Au centre de la ville, à l’Astoria, transformé en hôtel militaire à la disposition des officiers et de leurs femmes, il y a eu de grands désordres. On a fait courir le bruit — qui? — que l’on avait tiré des fenêtres.

Les soldats sont arrivés avec mitrailleuses, autos blin-

dées. En peu de temps, toutes les grandes baïes glacées de l'hôtel ont été fracassées. Les soldats ont pris l'hôtel d'assaut ; les femmes criaient et s’enfuyaient. On a pillé beaucoup. La cave a été forcée, mais, — chose curieuse et digne d’être notée, — les soldats ont eux-mêmes brisé la plupart des bouteilles pour éviter que leurs camarades s’enivrent. Cela est un geste d'une rare beauté et tel qu’on n’en trouve guère. dans l’histoire de nos révolutions.

Soukhomlinof, l’ancien ministre de la Guerre, a été arrêté et amené au Palais de Tauride. Son arrivée a

excité la colère des soldats. Les membres du Comité l'ont, avec grande peine, défendu contre ces furieux qui lui ont arraché ses épaulettes et auraient voulu le mettre en pièces. Le vieux Soukhomlinof, au milieu de ce tumulte, n’a pas faibli et a montré qu’il était un homme. Un des membres socialistes du Comité des ouvriers, qui était présent, me raconte ce trait significatif de la présence d'esprit de l’ancien ministre. En- touré de gardes, revolvers et coutelas au poing, comme il passait dans la salle Catherine, un soldat se jeta sur lui, la baïonnette en avant. Sans broncher, Soukhomlinof le menaça du doigt, comme l’on fait à un enfant pas sage. Et le soldat recula…

Mercredi 1/14 mars.

On me téléphone que les deux autres régiments de tirailleurs de Sa Majesté qui gardaient Tsarskoié-Selo passent au peuple. Que reste-t-il à l’empereur ? On me dit que des troupes et de l'artillerie marchent de Petrograd sur Tsarskoié. La journée sera décisive.

Une émotion incompréhensible dans Litheini. Nastia, morte de peur, remonte en pleurant, annonçant mille nouvelles absurdes. D’autre part, on me téléphone que, dans la ville, tout est plus calme qu’hier.

Il se vérifie qu’en plusieurs endroits des policiers ont tiré des toits avec des mitrailleuses. On en a arrêté quelques-uns, dont ceux qui avaient tiré sur la foule devant le palais de Tauride.

Le froid continue à être intense: — 15° cette nuit;

LA RÉVOLUTION RUSSE o° à l'heure où j'écris; il neige; le ciel est gris, otopopof s’est rendu la nuit dernière. Il est mdu dans la rue, a abordé un étudiant, s’est mé et lui a demandé de le conduire à la Douma. plus heureux des relâchés des prisons, c'est issevitch-Manouilof. Il n’a fait qu'un bond quand ouvert la porte, et cette fripouille s’est écriée isement :

Je vais à la maison ! »

banquier Rubinstein est aussi un des libérés de rolution.

Les garodovoïs.…. |

1 a arrêté, dans une maison devant la Douma, et améro 11 de Litheini, en face de chez moi, des 8 de police qui, armés de fusils, tiraient dans la et sur les soldats. Cette nouvelle que je vérifie même est surprenante. Quoi ! Voilà des hommes ‘tenant à une classe sociale méprisée en Russie dans l’heure tragique où nous vivons, alors que ls-ducs, hauts fonctionnaires, généraux viennent iner devant le pouvoir naissant et oublient le serprêté à l'empereur, voilà des garodovoïs dans obscure desquels subsiste seul le sentiment du rl Ils ont été nommés par le gouvernement et ereur. Ils n’ont plus de chefs, plus d'organisails sont débandés ; ils agissent isolément, sans s, et, avec les armes qu'ils ont cachées, avec les

LE me

munitions qui leur restent, ils mènent, seuls, sans lien,

perdus dans la ville immense, sans un endroit où se

réunir, une guerre de partisans et, sagrifiant leur vie, courent sur les toits pour tirer sur les révolutionnaires. Ils savent que la révolution est triomphante, ils voient les régiments passer, acclamés par le peuple ; ils n'ont plus rien à attendre; ils continuent à servir l’empereur sans l'ombre d'espoir.

Voilà vraiment une chose prodigieuse et qui fait

rêver.

Chaque jour, on en arrête quelques-uns et souvent

la foule (les soldats sur lesquels ils viennent de tirer

et qui les ont pris les armes à la main) est si débonnaire qu’elle se contente de les désarmer et, au lieu de les fusiller sur le trottoir, les mène sans même les bouscouler à la Douma.

À trois heures, je sors. On ne tire pas. Je vois passer un des régiments de Novgorod envoyés ce matin. Ce sont des soldats de l’armée, en tenue de campagne. Ils ont leurs officiers en tête et je constate avec bien grand plaisir que les officiers ont gardé leurs. épaulettes. Je traverse tout, le centre de la ville pour me rendre à la rue Gogol, près de la cathédrale d’Isaac. Peu de monde, très peu de monde dans Nevski.

Tous les magasins sont fermés et les banques; beaucoup de vitres brisées par les balles ; beaucoup de fermetures provisoires en planches. Au coin des

es, les gens s’attroupent pour écouter la lecture du

surnal qui vient de paraître.

On lit aussi les placards affichés, ou par le gouver-

ment ou par le chef de la milice. Un de ces placards

défend le pillage des magasins et donne les indications nécessaires pour appeler, en cas de troubles, la milice et les postes de soldats chargés d'assurer l’ordre. | Je vais au bureau militaire, rue Gogol. On y est sans me nouvelles de la Stafka et de France. On assure que | l’empereur est à Bologoié, station à peu près à égale Le. distance de Moscou et de Petrograd. Il est là, ne sa- : chant que faire, où se diriger, abandonné de tous, À seul avec quelques généraux de sa suite.

ù L’attaché militaire français, le lieutenant-colonel eu Lavergne va, pour la première fois, à la Douma en + automobile sur laquelle flotte un fanion français. Il m'accepte comme compagnon. Vers quatre heures, nous arrivons à la Schpalernaia, encombrée par une foule énorme ; un escadron de cosaques est là, colonel en tête. Avec mille peines, nous passons. Le titre de l’attaché militaire français nous ouvre toutes les barrières, car l’on n’a vu encore aucun représentant officiel du gouvernement français au Palais de Tauride. Bousculade à la porte, où deux cosaques à cheval bouchent l'entrée. | Un petit étudiant juif nous reçoit dans la salle circulaire. Nous nous nommons et demandons M. Rodzianko. On nous conseille de voir le colonel Engelhart, : qui est chargé des affaires militaires. Dans la salle L. circulaire, amoncellement de sacs de farine, de caisses É: de provisions, de grands pains noirs. À travers des | couloirs interminables, on nous mène au premier étage, au bureau du colonel. Tout le long des couloirs, des haies de soldats en armes ; à chaque porte, une bousculade. On marche sur une couche de boue

épaisse de deux pouces, et glissante. À chaque porte, on demande le laissez-passer. En somme, il ÿ a plus d'ordre qu'hier, un semblant d'organisation, moins de monde dans la salle circulaire. Mais, dans la grande salle Catherine, passent toujours les détachements de troupes qui se rendent et qui viennent se faire haranguer par un des membres du Comité exécutif. Partout, chaleur étouffante, odeur qui vous prend à la gorge de tous ces hommes entassés là depuis quatre jours. Au buffet, on distribue de la nourriture aux sol-

dats et aux gens présents. Ce sont des étudiantes et des

étudiants, ces derniers la plupart juifs, qui organisent le service.

Près du bureau du colonel Engelhart, encombrement. Nous passons un barrage et arrivons devant sa porte.

Un officier nous prie d'attendre un instant, car le colonel est dans son bureau, où il reçoit le grand-duc . Cyrille Vladimirovitch, le premier des grands-ducs à se rendre à la Douma. Un détachement s’est présenté au palais du grand-duc, qui est descendu pour le recevoir sur le perron. Il a déclaré, aux acclamations de tous, qu’il était avec le peuple et la Douma. Puis, il est venu au Palais de la Tauride.

Par la porte ouverte, j’aperçois la foule dans le “abinet, des fusiliers marins, baïonnette au canon et, n milieu d'eux, le profil aigu du grand-duc. Je me uviens de la dernière fois que je l'ai vu, au château Chambly. Il était entouré de femmes décolletées, illants et perles. Aujourd'hui l'odeur forte de la

:, Ja boue sur les parquets, la cohue, le dére, et les soldats révolutionnaires, baïonnette au mn.

n nous fait passer dans la cuisine, où une cuisie, à son fourneau, prépare de ses mains propres ner.

e colonel Engelhart, chef militaire du Comité utif, vient à nous. C’est un colonel d'état-major, re, nerveux, blond, intelligent, la figure sée. L’attaché français lui expose ce qu'il a à demander. Le colonel prend note, puis nous > de la situation.

Nous appartenons, dit-il avec un sourire, à un i malheureux. Nous sommes les Girondins. Dans isordre, nous tâchons de faire de l'ordre, de faire rer cette masse énôrme de soldats dans les casernes, 38 faire obéir à leurs officiers, de rétablir la disci- 2. Déjà, nous avons des résultats. Mais la tâche mmense. Ici, nous recréons une organisation. Mais ; ne sommes pas seuls. Là-bas, à la gare de Fine, il y a le Comité des ouvriers socialistes révoluaaires. Jusqu'à présent, entre eux ct nous, cela mais demain? Nous causerons de tout cela avec de loisir dans un autre moment. Aujourd'hui, je is le grand-duc. Excusez-moi. »

ai tout de même le temps de lui exposer la nété de me laisser télégraphier à mon journal. Les >s allemands annoncent la révolution au monde æ. Les amis de la Russie pourront-ils faire enteneurs voix à la France?

Oui, oui, vous avez raison. Je vais en parler à

Goutchkof. Revenez demain, nous vous arrangerons cela. »

Et 1l disparaît.

De nouveau, interminable voyage dans les couloirs étroits où on se bouscule et où flotte une odeur âcre. La phrase de Laforgue me revient à la mémoire: « Les capitaines vainqueurs ont une odeur forte. »

Nous arrivons au rez-de-chaussée, chez Chingaref. Je lui présente notre attaché militaire. 11 lui serre la main.

« Je suis bien heureux, colonel, de vous voir chez nous. » |

Et sa figure, fine, claire, sympathique, où la fatigue et la tension nerveuse ont creusé des rides, s’éclaire d’un sourire. Il me dit que l’impératrice et l'héritier sont prisonniers au palais de Tsarskoié ; l’empereur, à Bologoié, sur la ligne de Moscou. D'ici demain soir, la question politique sera résolue. Déjà la question de lâ dynastie ne se pose plus. L'empereur quittera le trône... Comment? L'avenir le dira. Mais il faut que demain il y ait un gouvernement régulier devant lequel chacun s'incline.

Nous le quittons. Des officiers reconnaissent notre attaché militaire. On nous conduit dans Ja salle du Comité exécutif. Au coin d’une longue table, Chidlovski, sans fin, signe des papiers. Orlof-Davidof, joufflu, passe. , Des députés causent sur les canapés. Des soldats passent, amenant des prisonniers. Longues discussions dans les groupes. Je suis frappé de la quantité de généraux que je vois. Aujourd’hui, ils

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