‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 106 sur 252 · HAE PANIER · texte numérisé non relu

HAE PANIER

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des internationalistes, l’abolition de la liberté d’agitation, des arrestations et des exécutions d’ennemis de la guerre.

Si la journée du 6 mai avait lié les socialistes-révolutionnaires et les menchéviks au char triomphal de la bourgeoisie, la journée du 18 juin les y enchaïina comme serviteurs des capitalistes.

La reprise de la guerre de brigandage devait, naturellement, accroître plus rapidement et plus fortement encore la colère des masses. Les 3 et 4 juillet, l’indignation des masses éclata malgré les efforts que les bolchéviks, qui devaient bien entendu tenter de lui donner des formes aussi organisées que possible, avaient fait pour la contenir.

Esclaves de la bourgeoisie, enchaïnés à leurs maîtres, les socialistes-révolutionnaires et les menchéviks souscrivirent à tout ce qu’on leur proposa : à l’entrée des troupes réactionnaires à Pétrograd, au rétablissement de la peine de mort, au désarmement des ouvriers et des troupes révolutionnaires, aux arrestations, aux poursuites, à la suspension arbitraire de journaux. Le pouvoir, dont la bourgeoisie ne pouvait pas s’emparer entièrement, au sein du gouvernement, et que les Soviets ne voulaient pas prendre, échut à la clique militaire, aux bonapartistes, soutenus sans réserve, cela va de soi, par les cadets, les Cent-Noirs, les propriétaires fonciers et les capitalistes.

De chute en chute, une fois engagés sur la pente glissante de l’entente avec la bourgeoisie, les socialistes-révolutionnaires et les menchéviks continuèrent à descendre irrésistiblement, et à la fin touchèrent le fond. Au Soviet de Pétrograd, ils avaient promis, le 28 février, un soutien conditionnel au gouvernement bourgeois. Ils l’avaient sauvé le 6 mai de la faillite et, par leur consentement à l’offensive, s'étaient laissé transformer en valets et en défenseurs du gouvernement. Ils s’étaient unis, le 9 juin, à la bourgeoisie contre-révolutionnaire dans la campagne de mensonge et de calomnies rageusement déchaïînée contre le prolétariat révolutionnaire. Ils approuvèrent, le 19 juin, la reprise — devenue un fait — de la guerre de brigandage. Ils consentirent, le 3 juillet, que l’on appelât des troupes réactionnaires : ce fut le commencement de l’abandon définitif du pouvoir aux bonapartistes. De chute en chute.

Cette fin honteuse des Partis socialiste-révolutionnaire et menchévik n’est pas l'effet du hasard, c’est le résultat,

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