‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 108 sur 252 · POSTFACE · texte numérisé non relu

POSTFACE

Cet article a été écrit, le texte même le montre, à la fin de juillet.

Le cours de la révolution en août l’a pleinement confirmé. La rébellion de Kornilov, en montrant avec force au peuple entier que les cadets unis aux généraux contrerévolutionnaires aspiraient à dissoudre les Soviets et à rétablir la monarchie, a ensuite amené, fin août, la révolution à un nouveau tournant. Un avenir prochain montrera quelle est la force du nouvel élan de la révolution et s'il réussira à mettre un terme à la néfaste politique de l'entente avec la bourgeoisie.

Le 6 septembre 1917.

Publié dans les n°° 8 et 9 du Rabotchi, les 12 et 13 septembre (30 et 31° août) 1917, puis en brochure avec la postface aux éditions Priboï, en septembre. Le premier article du Rabotchi était signé : N-xov : le second: N. LÉNINE.

J. STALINE

DISCOURS AU Vi: CONGRÈS DU P.O.S.DR. (b.) 8-16 août (26 juillet-3 août) 1917

Rapport sur Îa situation politique 12 août (50 juillet) 1917

La question du moment actuel est celle des destinées de notre révolution, des forces qui la meuvent et des forces qui la sapent.

Quelle est l’origine de la révolution ? C’est la coalition de quatre forces : le prolétariat, la paysannerie, la bourgeoisie libérale et le capital allié. Pourquoi le prolétariat a-t-il fait la révolution ? Parce qu’il est l'ennemi mortel du tsarisme. Pourquoi la paysannerie l’a-t-elle faite ? Parce qu'elle avait confiance dans le prolétariat et voulait ardemment la terre. Pourquoi la bourgeoisie libérale s’était-elle engagée dans cette voie ? C’est qu’au cours de la guerre elle a perdu ses illusions au sujet du tsarisme. Elle croyait que le tsarisme lui donnerait la possibilité de conquérir de nouveaux territoires. N’espérant pas une augmentation de la capacité du marché intérieur, elle avait choisi la voie de la moindre résistance : l’extension du marché extérieur. Mais elle s'était trompée : le tsarisme et ses troupes n'ont même pas su protéger les frontières du pays et ont livré à l'ennemi quinze provinces. D’où la trahison de la bourgeoisie libérale envers le tsarisme. Et le capital allié ? Il regardait la Russie comme une entreprise auxiliaire pour ses visées impérialistes. Or, le tsarisme, qui, pendant les deux premières années, laissait espérer qu'il saurait conserver l’unité de front, commençait à pencher Pour une paix

séparée. D’où la trahison du capital allié à l'égard du tsarisme.

Celui-ci se trouva isolé et il est décédé au milieu d’un calme silence.

Ces quatre forces de la révolution de Février qui marchaient ensemble poursuivaient des buts différents. La bourgeoisie libérale et le capital allié voulaient une petite révolution pour une grande guerre. Mais ce n’était pas pour obtenir ce résultat-là que la masse d'ouvriers et des paysans faisait la révolution. Elle poursuivait d’autres objectifs : 1. en finir avec la guerre et 2. vaincre les propriétaires fonciers et la bourgeoisie.

Telles sont les causes fondamentales des contradictions de la révolution.

La crise des 20-21 avril a été la première manifestation de ces contradictions. Milioukov a fait une tentative de transformer l’impérialisme passif en un impérialisme actif. Le mouvement de masse aboutit à la formation d’un gouvernement de coalition. Comme l'expérience l’a montré, le principe de la coalition est le meilleur moyen entre les mains de la bourgeoïsie pour duper les masses et continuer à les mener à sa suite. Avec la formation du gouvernement de coalition commence la mobilisation de la contre-révolution du haut en bas. Pendant ce temps, la guerre se poursuit, le délabrement économique grandit, la révolution continue en revêtant un caractère de plus en plus socialiste. La révolution pénètre dans la sphère de la production, on pose la question du contrôle. La révolution fait irruption dans la sphère agricole, la question se pose de confisquer non seulement la terre, mais aussi le cheptel vif et mort. Les bolchéviks ayant été les hérauts de la révolution prolétarienne, ils ont défini exactement son caractère. Ceux qui proposaient de se borner à consolider les conquêtes de la révolution n'étaient pas des révolutionnaires. La politique d'entente choisie par les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires était vouée à l’impuissance. Il n’y avait aucune force pouvant arrêter la révolution à mi-chemin. Aïnsi le fait que notre révolution se développait et marchait de l'avant nous poussait à sauter par-dessus la révolution bourgeoise vers la révolution socialiste,

Certains camarades prétendaient que, le capitalisme étant peu développé chez nous, il était utopique de poser la

2 . ERA PPT ' Ta ; 5 " SR Re " caf mtcn hté Coninondiill nt: és LE te de die ne mn mm — ee a Re 2 ne de — tend PE

: “ 1 } “ se , « . JA à 1 Pr ut SAR ENRATSNESES CTRERES LE EE SIT À va nr l'A A à À

PJ" f 40 x : À \

te V4 4 GA Là ° \ ML ’ à LA M1 4 " » # r FORTS NRA 114 AE ! à ‘ LS Si-ks À 2.41 at de PA) eh 1 2 * 1474 + 02 Lots PEENIL RS PRET AIRE ALT NS RME AN RENE à N° DT ST Re 28

U l'a ri0 NET 1 : C + 1 H : - à ’

“ f \Ca à FU j

FRA : À } ) * (4 SRE SIN NALS EEE PRE SONT CRETE ES RON PRE STORES REP ARERENE SE PAREIL PSE M EAN Re CARS EN TTE AE : # + + +

mn dis Éotbee 2747 db) x putnnte cp tie dlmepee ;

À À Cie Aus TU DANSE .

rh BD @ hé ect 2 md D br nie S'D-apéÿ LS RAGE SG: SAR Ps aide A6 FL ;

tas ha ap 28 oi ue tt je dd ct oh 6 Ladioc à =

jar :

Sue

\p? l dt à , à Y k si L RE PAR ULRR À Duo DR SRE AM NON rs PEN 2 BA re LE CS à } dx PT \ GT IAE

x ” À ; ê de 4 f De PAS TP ‘ : $ ua il PENEX 0 ‘ A1 RAT 28 v® LUS NT LS ER EE OMAN TES LA RUE #4 fé RAT EN TUE AU RIDE SUN ET + à 3 NET UURER EMA RAI « ; + SrL£ y AMIE x les > AIME Are > PP RENE NS TNT RER EUR EN EURE CE RENTE T TE NTENE AT PORRSOT EN TU PEN TE TN Al : ï | î gran rfe : à 14 à À J : MANOIR PEN y [ete ÿ RAT. CAT, MEL 2 (N \ +

Fe “à LE TS en R AE ETS ANR rh) pisiele sde dépit) 5 1 tite tentent) ANS \+ . \ |

1 x Dino PENSE PRE PIN ES EE ER EP OS PER Se DOS alertes es 2 L à

WI LA qe pr ha À capte al is lat aide bi por ht 'isre ..:

question de la révolution socialiste. Ils auraient raïson s’il

n’y avait pas la guerre, s’il n’y avait pas le délabrement, si les assises de l’économie nationale n'étaient pas ébranlées. Mais ces questions de l’ingérence dans la sphère économique se posent dans tous les Etats comme des questions nécessaires. En Allemagne, cette question a été posée sans la participation directe et active des masses. Il en est autrement chez nous, en Russie. Chez nous, le délabrement a pris des proportions plus redoutables. D’autre part, dans aucun pays il n’y a Jamais eu, dans les conditions de la guerre, autant de liberté que dans le nôtre. Ensuite, le haut degré d'organisation des ouvriers : ainsi, à Pétrograd, 66 % des travailleurs des métaux sont organisés. Enfin, dans aucun pays, le prolétariat n’avait d'aussi vastes organisations que les Soviets des députés ouvriers et soldats. Tout cela rendait impossible la non-intervention des masses ouvrières dans la vie économique. Telle est la base réelle sur laquelle repose la question de la révolution socialiste en Russie. La question de la révolution socialiste se pose chez nous pratiquement dans la mesure où les ouvriers interviennent activement dans le processus de l’organisation du contrôle et de l’échange. C’est pourquoi les camarades qui font objection à ce point sont dans leur tort.

La révolution ayant fait des progrès aussi importants, elle devait forcément éveiller la vigilance des contre-révolutionnaires, elle devait engendrer une contre-révolution. C’est le premier facteur de la mobilisation de la contrerévolution.

Le deuxième facteur, c’est l’aventure inaugurée par Ia

politique d’offensive sur le front et plusieurs ruptures de ce dernier qui ont privé le pouvoir de tout prestige et donné des aïles à la contre-révolution qui a lancé une attaque contre ce pouvoir. Les bruits circulent que nous sommes dans une période de provocations en grand. Les délégués du front estiment que loffensive, aussi bien que la retraite, en un mot tout ce qui s’est passé au front, avait été préparé pour déshonorer la révolution et pour renverser le ministère « révolutionnaire ». J’ignore si ces bruits sont fondés ou non, mais il est remarquable que le 2 juillet les cadets ont quitté le ministère, que le 3 ont commencé les événements de juillet et que le 4, on a appris la rupture du front. On ne saurait prétendre que les cadets ont démissionné à

cause de la décision concernant la question de l'Ukraine :

les cadets affirmaient la nécessité de résoudre cette question. [1 y a un second fait qui atteste que nous sommes réellement entrés dans une ère de provocations : ce sont les coups de feu échangés en Ukraine. Etant donné ces faits, les camarades doivent se rendre bien compte que la rupture du

front est un des faits destinés à compromettre l’idée de la

révolution aux yeux des grandes masses petites-bourgeoïses.

Il existe un troisième facteur encore qui a raffermi les forces contre-révolutionnaires en Russie : c’est le capital allié, Si le capital allié, voyant que le tsarisme s’engageait dans la voie de la paix séparée, a trahi le gouvernement de Nicolas, rien ne l’empêchera de rompre aussi avec le gouvernement actuel s’il se révèle incapable de conserver l« unité » du front. À l’une des séances, Milioukov a déclaré que la Russie était considérée sur le marché international comme la fournisseuse d'hommes et qu’elle était payée pour cela. Et lorsqu'il s’est avéré que le nouveau pouvoir; le Gouvernement provisoire, était incapable de maiïintenir le front unique de l'offensive contre l’Allemagne, on est arrivé à la conclusion qu’un tel gouvernement ne méritait pas d’être subventionné. Or sans argent, sans crédit, ce gouvernement devait s'effondrer. Telle est la raison pour laquelle, lors de la crise, les cadets possédaient une force énorme; quant à Kérenski et à tous les ministres, ils étaient des marionnettes entre les mains des cadets. En quoi consistait la force des cadets ? En ce qu’ils étaient soutenus par le capital allié.

Deux voies s’offraient à la Russie : ou bien cesser la guerre, briser tous les liens financiers avec l’impérialisme, laisser la révolution prendre de l’extension, ébranler les assises du monde bourgeoïs et commencer l’ère de la révo- Jution ouvrière; ou bien suivre d’autre voie, continuer la guerre, continuer l'offensive, se soumettre à toutes les injonctions du capital allié et des cadets — et alors c'était la dépendance financière complète à l’égard du capital allié (des bruits précis circulaient au Palais de Tauride :

PAmérique donnerait huit milliards, fournirait les moyens

pour rétablir l’économie) et le triomphe de la contre-révolution. Il n’existait pas de troisième voie, il ne pouvait pas en exister.

La tentative des socialistes-révolutionnaires et des menchéviks de faire passer l’action des 3-4 juillet, action des ouvriers qui n’en pouvaient plus des abus de la politique. du Capital, pour une insurrection armée est tout bon- “nement ridicule. Si l’on veut chercher des coupables, on ne = doit pas perdre de vue les conditions objectives : 1. Ia transformation de la révolution en une révolution socialiste; 2, la rupture du front qui a montré à la petite bourgeoisie que le gouvernement de coalition était sans valeur, et 8. le capital allié qui ne veut pas subventionner la révolution. À côté de ces facteurs, l’action des ouvriers est un petit point à peine perceptible. Le seul coupable de l’action de masse, c’est l’insolence de la contre-révolution. Les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires avaient commencé à frapper à gauche, sur les bolchéviks, avaïent ainsi dégarni le front de la révolution et s'étaient livrés euxmêmes et nous avaient livrés à la merci des contre-révolutionnaires. Le 3 juillet, nous proposions le front un'que révolutionnaire contre la contre-révolution. Notre mot d’ordre : « Tout le pouvoir aux Soviets » signifie justement créer un front révolutionnaire unique. Mais craignant de se détacher de la bourgeoisie, ils nous ont tourné le dos, brisant le front révolutionnaire pour complaire aux contre-révolutionnaires. Si l’on veut chercher les fauteurs de la contre-révolution, ce sont les socialistes-révolutionnaires et les menchéviks, ces traîtres à la révolution. Si l’on demandait en quoi consiste la force des cadets qui, de leurs cabinets de travail, lançaient des directives au Comité exécutif central, d’où vient leur force, il n’y aurait qu’une réponse à faire : du capital allié, de ce que la Russie a besoin d’argent, d’un emprunt intérieur, que la bourgeoisie refuse, ou d’un emprunt extérieur garanti que le capital allié n’accorde pas parce que la politique du gouvernement de coafition lui déplaît. La bourgeoisie contre-révolutionnaire, le capital allié et les officiers supérieurs de l’armée, tels sont les trois appuis de la contre-révolution. Notre malheur est que la Russie est un pays petit-bourgeoïs, qu’il suit les socialistesrévolutionnaires et les menchéviks qui passent des accords avec les cadets, et que tant que la paysannerie ne perdra pas ses illusions au sujet de la politique d'accord entre les couches supérieures et les couches inférieures, nous subirons des souffrances et la révolution ira d’échec en échec.

EE

Maïs les forces souterraines de la révolution ne restent pas assoupies : tant que la guerre continue, tant que subsiste le délabrement, rien ne sauvera le gouvernement de nouvelles explosions, ni la répression, ni les exécutions, ni les conférences comme celle de Moscou. Le paysan n’obtiendra pas la terre, l’ouvrier n’obtiendra pas le contrôle de la production, le soldat sera ramené à l’ancien esclavage. Les délégués du front rapportent que les soldats se laissent de plus en plus gagner à l’idée d’une vengeance sanglante et si la contre-révolution triomphe, de nouvelles explosions et de nouveaux combats sont absolument inévitables. Et si les contre-révolutionnaires parviennent à se maintenir un mois ou deux, ce sera uniquement parce que le principe de la coalition n’aura pas été extirpé.

Qu'est-ce que le Gouvernement provisoire ? C’est une marionnette, c’est un misérable paravent derrière lequel se tiennent les cadets, la clique militaire et le capital allié, les trois appuis de la contre-révolution. Si des ministres « socialistes » ne faisaient pas partie du cabinet, les contre-révolutionnaires auraient peut-être déjà été renversés. Mais le trait caractéristique du moment actuel, c’est que les mesures contre-révolutionnaires sont appliquées par des « socialistes ». C’est parce qu’elle a créé un tel paravent, que la contre-révolution peut encore se maintenir un mois ou deux. Mais comme les forces de la révolution se développent, des explosions se produiront et le moment viendra où les ouvriers soulèveront et grouperont autour d’eux les couches pauvres de la paysannerie, lèveront l’étendard de la révolution ouvrière et inaugureront l’ére de la révolution socialiste en Occident. (Staline lit la résolution.)

Je voudrais expliquer un passage de la résolution: jusqu’au 3 juillet, la victoire pacifique, le passage pacifique du pouvoir aux Soviets était possible. Si le congrès des Soviets avait décidé de prendre le pouvoir entre ses mains, les cadets, je pense, n’auraient pas osé prendre nettement position contre les Soviets, puisqu’une telle position aurait été vouée par avance à l’impuissance. Mais aujourd’hui que la contre-révolution s’est organisée et s’est raffermie, dire que les Soviets peuvent prendre le pouvoir pacifiquement, c’est prononcer de vaines paroles. La période pacifique de la révolution a pris fin, nous sommes entrés dans la période non pacifique, dans la période de batailles et d’explosions.….

ce < ROLE PACE E D Le ie ne

XD RTS UE,

SA VOS LR ES SERIE LAN Page"? NE PAS PAT 7 NES J RÉ

RNA EEE SAV ALT RS 0 st pa Aie KYLE x $ | : * Zafi s AA: DE SUR APE IN VAS PV 4 pe ie re PA D IN ATP TEAET TRES LA MT CEE ONE d EL re «ll Ce 7 " À FT ? if ] A4 RL M2"

, { . sd L ' V1

Page 1