‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 11 sur 252 · A DE · texte numérisé non relu

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22 LA RÉVOLUTION RUSSE DE 1917 | dienne, au langage courant, au langage professionnel, mais d’une définition de classe.

Je me suis absolument prémuni, dans mes thèses contre tout bond par-dessus le mouvement paysan ou en général petit-bourgeois non encore arrivé à sa fin, contre tout jeu à la « prise du pouvoir » par un gouvernement ouvrier, contre toute aventure blanquiste, puisque j'ai nettement invoqué l'expérience de la Commune de Paris. Or cette expérience, on le sait, et Marx l’a montré en 1871, Engels en 1891, a absolument exclu le blanquisme, absolument garanti la domination directe, immédiate et absolue de Ia majorité et l’activité des masses dans la mesure où cette majorité intervient d’une façon consciente. |

J’ai tout ramené dans mes thèses, de la façon la plus précise, à la lutte pour l'influence à l’intérieur des Soviets des députés ouvriers, ouvriers agricoles, paysans et soldats. Afin de ne pas laisser l’ombre d’un doute sur ce point, j'ai par deux fois souligné dans les thèses la nécessité d’

éclairer patiemment, systématiquement, opiniâtrement les masses en nous adaptant à leurs besoins pratiques.

Des ignorants ou des renégats du marxisme tels que M. Plékhanov et ses pareils peuvent crier à l’anarchisme, au blanquisme, etc. Qui veut penser et apprendre ne peut pas ne pas comprendre que le blanquisme est la prise du pouvoir par une minorité, alors que les Soviets des députés ouvriers, etc., sont de toute évidence l’organisation directe et immédiate de la majorité du peuple. Une action ramenée à la lutte pour l'influence au sein de ces Soviets ne peut pas, ne peut littéralement pas, glisser dans le bourbier du blanquisme. Elle ne peut pas, non plus, glisser dans le bourbier de l’anarchisme, car l’anarchisme nie la nécessité de l'Etat et du pouvoir d'Etat pour l’époque de transition de la domination de la bourgeoisie à celle du prolétariat. Je défends, au contraire, avec une clarté excluant tout malentendu, la nécessité de l'Etat à cette époque, maïs, d'accord avec Marx et avec l’expérience de la Commune de Paris, non d’un Etat parlementaire bourgeois ordinaire, mais d’un Etat sans armée permanente, sans police opposée au peuple, sans corps de fonctionnaires placé au-dessus du peuple.

Si M. Plékhanov, dans son EÉdinstvuo, crie de toutes ses forces à l’anarchisme, il ne nous donne ainsi qu'une nouvelle preuve de sa rupture avec le marxisme. À mon défi

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