‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 120 sur 252 · LES ÉLECTIONS ONT LIEU AUJOURD'HUI · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS ONT LIEU AUJOURD'HUI

Les élections à la Douma municipale de Pétrograd ont lieu aujourd’hui. Leurs résultats dépendent de vous, camarades ouvriers et camarades soldats. Le suffrage est universel et égal. La voix de chaque soldat, de chaque ouvrier, de chaque ouvrière, équivaudra à la voix d’un capitaliste,

== d’un propriétaire d'immeubles, d’un professeur, d’un fonc- -__ tionnaire. C’est à vous, camarades, et à vous seuls qu’in- = combera la faute si vous ne savez pas user de ce droit.

Vous avez-su vous battre dans les rues contre les argousins du tsar — sachez donc maïntenant lutter pour vos intérêts en votant pour notre Parti !

Vous avez su défendre vos droits contre la contre-révo- Jution —— sachez donc maintenant lui refuser votre confiance aux élections d'aujourd'hui !

Vous avez su arracher le masque des traîtres à la révolution — sachez donc maïntenant leur crier : « Bas les mains ! »

Devant vous se présente tout d’abord le parti de Milioukov, le Parti de la liberté du peuple. Ce parti défend les intérêts des propriétaires fonciers et des capitalistes. Il est contre les ouvriers, les paysans et les soldats, puisqu’il est contre le contrôle ouvrier dans l’industrie, contre. la remise des terres des propriétaires fonciers aux paysans, pour la peine capitale pour les soldats au front. C’est lui,

‘le Parti cadet qui a demandé, dès le début de juin, le déclenchement immédiat de l’offensive sur le front, offensive qui a coûté au pays des centaines de milliers de vies humaines. C’est lui, le Parti cadet, qui a cherché à obtenir et a fini par obtenir le triomphe de la contre-révolution, la répression contre les ouvriers, les soldats et les matelots. Voter pour le parti de Milioukov, c’est vous trahir vous-

mêmes, vos femmes et vos enfants, vos frères à l'arrière et sur le front. :

Camarades ! Pas une voix au Parti de la liberté du peuple !

Devant vous se présentent ensuite les défensistes, les Partis menchévik et socialiste-révolutionnaire. Ces partis défendent les intérêts des petits patrons cossus de la ville et de la campagne. Aussi, chaque fois que la lutte de classes prend un caractère décisif, on les trouve dans le camp des propriétaires fonciers et des capitalistes, contre les ouvriers, les paysans et les soldats. Il en a été aïnsi dans les journées de Juillet, lorsque les Partis menchévik et socialiste-révolutionnaire, en alliance avec la bourgeoisie, désarmaient et réprimaient les ouvriers et les soldats. Il en a été ainsi aux jours de la Conférence de Moscou, lorsque ces partis, en alliance avec la bourgeoisie, ratifiaïent les mesures de répression et la peine capitale contre les ouvriers et les soldats au front. :

Si la contre-révolution a ‘remporté la victoire, c’est, entre autres, parce que les Partis socialiste-révolutionnaire et menchévik l’ont aidée à mater la révolution, en organisant l’entente avec les propriétaires fonciers et les capitalistes.

Si la contre-révolution se fortifie maintenant, c’est, entre autres, parce que les Partis socialiste-révolutionnaire et menchévik la protègent contre la colère du peuple, en exécutant les ordres de la contre-révolution sous le drapeau de la révolution.

Voter pour ces partis, c’est voter pour Paire avec la contre-révolution contre les ouvriers et les paysans pauvres.

Voter pour ces partis, c’est voter pour la consécration des arrestations à l'arrière et de la peine capitale sur le front.

Camarades ! Pas une voix aux défensistes, aux menchéviks et aux socialistes-révolutionnaires !

Devant vous se présente enfin, sous le n° 12, le groupe « Novaia Jizn >». Ce groupe traduit les sentiments des intellectuels inconstants, détachés de la vie et du mouvement. C’est pourquoi il hésite constamment entre la révolution et la contre-révolution, entre la guerre et la paix, entre les

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