‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 144 sur 252 · ON NOUS FORGE DES CHAINES · texte numérisé non relu

ON NOUS FORGE DES CHAINES

La machine à conciliation s’est mise en marche. Le Palais d'Hiver, cette maison de rendez-vous politique, est pleine d'invités. Qui n’y voit-on pas! Les korniloviens de Moscou, les savinkovistes de Pétrograd; Nabokov, le « ministre » kornilovien et Tsérétéli, le héros du désarmement: Kichkine, l’ennemi juré des Soviets et le fameux lockouteur Konovalov; les représentants du parti des déserteurs politiques (les cadets!) et les coopérateurs requins de la race de Berckenheim; les représentants du parti des expéditions punitives (les socialistes-révolutionnaires!) et la droite des zemstvos représentée par des gens comme Douchetchkine; les entremetteurs politiques du Directoire et les « sacs d’écus » parmi les «< hommes publics >»: voilà qui sont ces très respectables invités. |

D'un côté, les cadets et les industriels.

De l’autre, les défensistes et les coopérateurs.

Là, les industriels, le soutien et l’armée des cadets.

Ici, les coopérateurs, le soutien et l’armée des défensistes, car lorsque les défensistes eurent perdu les Soviets, ils durent revenir sur d'anciennes positions, rejoindre les coopérateurs. = =

—— € Eliminez de votre sein les bolchéviks » et alors « la bourgeoisie et la démocratie auront un front commun >, déclare Kichkine aux défensistes.

— Je ne demande pas mieux, répond Avksentiev, mais établissons tout d’abord le « point de vue de l'Etat ».

— La bourgeoisie doit compter avec le développement du bolchévisme et se préoccuper — autant que la démocratie — de créer un pouvoir de coalition — souffle Berckenheim à Avksentiev.

— Je ne demande pas mieux, répond Avksentiev.

Vous entendez: un pouvoir de coalition est donc nécessaire pour combattre le bolchévisme c’est-à-dire les Soviets, c’est-à-dire les ouvriers et les soldats.

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