‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 152 sur 252 · En français dans le texte · texte numérisé non relu

En français dans le texte

-<rence qui a soutenu en principe la. nécessité d’un pouvoir homo- | - gène sera obligée de le constituer.

Parlons nettement : {es botchéviks seront obligés de a

.- de cabinet. Avec le maximum d'énergie, ils n’ont cessé d’insuf-.

fler la haine de la coalition à la démocratie révolutionnaire en Jui promettant tous les bonheurs :imaginables après la disparition de la «politique d'entente avec la nee >, à. laquelle | ils imputent tous les maux du paÿs.

-S’is se sont rendu compte ‘eux- mêmes du sens de leur agitation, s’ils n’ont pas trompé lès .masses, ils sont obligés d'acquitter les traites qu’ils ont signées sans ‘compter.

La: question se pose nettement. | Et qu’ils ne cherchent pas vainement à se oo derrière des théories édifiées à la hâte, de l'impossibilité pour. ‘eux d'assumer le pouvoir.

Ces théories, la démocratie ne les acceptera pas.

En même temps, les partisans de la coalition devront leur garantir un appui sans réserves. Voilà trois combinaisons, trois «voies qui s'ouvrent devant nous: il n’en est pas d’autres! Les passages souligné s le sont dans le. Diélo Naroda.)

Ainsi raisonnent les socialistes-révolutionnaires. Voici enfin, définie dans l’éditorial du nüméro du 23 septembre de leur organe, € l'attitude » des quarts-de-bolchéviks de la Novaïa Jizn, si tant est que ce soit une attitude que de vou-

“loir s’ asséoir entré deux chaises ——

Si la coalition avec Konovalov et Kichkine se réalise de nouveau, Ce ne sera qu'une nouvelle capitulation de la démocratie

ét l'annulation dé la résolution de la conférence relative à la

formation d’un pouvoir responsable sur la plate-forme du . 14 août... ;

Un ministère homogène de menchéviks et de Socialistesrévolutionnaires n’aura pas plus le sentiment de sa responsabilité que les ministres socialistes ne l’avaient naguère dans le cabinet de coalition. Un gouvernement de cette sorte ne pourrait pas grouper autour de lui les « forces vives » de la révo- lution, ni:même compter sur un soutien tant soit peu actif du

prolétariat, cette avant-garde de la révolution. Ce ne serait pourtant pas une solution meilleure, c’en serait: Une pire, ce ne serait pas même ‘une issue, à vrai dire, ce seralt un effondrement que la formation d’un cabinet homogène d’un autre type, la formation d’un gouvernement < du prolétariat et de Îa paysannerie pauvre >». Ce mot d'ordre, il est vrai, n’est formulé par personne, si ce n’est accidentellement, timidement, | dans des remarques du Rabotchi Pout, inévitablement suivies d’ailleurs de commentaires, de « mises au point »… [Des publicistes sérieux, oubliant même éditorial du Diélo Naroda du 21. janvier, impriment « hardiment » ce mensonge révoltant.i

Formellement, les bolchéviks ressuscitent à présent le mot d'ordre « Tout le pouvoir aux Soviets », qu’ils avaient retiré après lés journées de Juillet, lorsque les Soviets, représentés par

M | lan LT

LES BOLCHÉVIKS CONSERVERONT-ÎLS LE POUVOIR? 271

le Comité exécutif central, se furent engagés délibérément dans. la voie d’une politique antibolchévik active. Le redressement de la « politique des Soviets >» peut maintenant êtré considéré. «comme acquis, et-il.y-a même tout lieu de croire que le congrès des Soviets que lon se propose de réunir prochainement don-. nera une majorité aux bolchéviks. Dans ces conditions, le môt d'ordre « Tout le pouvoir aux Soviets »: que les bolchéviks vien-.. nent de ressusciter a une portée « tactique »:et tend préci-: sément à la réalisation de-la « dictature du prolétariat et de la paysannerie pauvre ». Il est vrai qu’on entend également, par Soviets, les Soviets de députés paysans, et que, par suite, le mot d'ordre bolchévik implique un pouvoir réposant sur l’im-

. mrense majorité de la démocratie russe. Mais en ce cas le mot

d'ordre « Tout le pouvoir aux Soviets >» n’a plus de signification propre, car il fait des Soviets, au point de vue de leur composition, à peu près l’équivaient du « Préparlement » créé -par la conférence... £ |

Cette affirmation de-la Novaïa Jizn est un mensonge -impudent qui revient à diré que la falsification et le trucage de la démocratie « équivalent à peu près » à la démocrabe. Le Préparlement est une assemblée truquée, qui’fait : = - passer la volonté de la minorité du peuple — particulièrement. celle de Kouskova, Berckenheim, Tchaïkovski et con-. sorts — pour celle de la majorité. Cela; én preinier lieu. Ensuite, même falsifié par Avksentiev et les Tchaïkovski, les Soviets paysans ont donné, à la conférence, une proportion si élevée d’adversaires ‘de la coalition que leur association aux Soviets des ouvriers et des soldats aurait pour

- résultat énfaillible l'échec de la coalition. Enfin, ce mot

. d'ordre « Tout le pouvoir aux Soviets » signifie que le pouvoir des Soviets paysans s’étendrait principalement sur les Campagnes Où la prépondérance des paysans pauvres est | ‘assurée. | ee ee ee * S'il en est ainsi, le mot d’ordre bolchévik est à retirer immé- -diatement. Maïs si le mot d’ordre « le pouvoir aux Soviets » ne sert qu'à masquer la dictature du prolétariat, ce pouvoir signifie précisément la déchéance et l’effondrement de la révolution. Est-il besoin de démontrer que le prolétariat, isolé non seulement des autres classes du pays, mais aussi des forces vives. véritables de la démocratie, ne pourra ni s'emparer techniquement de l’appareil de l’Efat et le mettre en mouvement dans une situation exceptionnellement complexe, ni résister, politiquement, à la poussée des forces ennemies qui balaïeront non Seulement sa dictature, mais encore la révolution tout entière? Le seul pouvoir qui réponde aux exigences du moment, c'est à l'heure actuelle une coalition honnête au sein de la démocratie… | ER |

Le lecteur nous pardonnera ces longues citations: elles étaient absolument indispensables. Il était nécessaire dé préciser l'attitude des différents partis hostiles aux bolchéviks. Il fallait établir avec précision ce fait très important ee que tous ces partis ont reconnu à la question de la prise de =. tout le pouvoir par les seuls bolchéviks une portée tout à = fait réelle et aussi un caractère actuel, pressant. |

Passons maintenant à l'examen des arguments qui donnent à « tous » nos adversaires, des cadets à la Novaia

mesure de conserver le pouvoir.

La grave Retch ne donne aucun argument. Elle se con-

mentes et choisies. L’extrait que nous avons cité montre entre autres combien il serait erroné de croire que la Retch

: « provoque » les bolchéviks en leur suggérant de prendre le pouvoir et que, par suite, « il faut nous méfier, CAaMmara-

des, car un ennemi ne saurait donner que de mauvais conseils ». Si au lieu d'examiner pratiquement la situation telle qu’elle est dans ses traits généraux et ses caractères particuliers, nous nous laissons « convaincre » que la bourgeoisie nous « provoque » à la prise du pouvoir, nous serons

gnement, que lavènement des bolchéviks entraînera des maux incalculables, elle ne manquera pas de vociférer : pourquoi ne pas nous débarrasser du coup et « pour de longues années » des bolchéviks en les laissant prendre le pouvoir et en leur infligeant ensuite une défaite écrasante?

voulez, des « provocations », mais des provocations à rebours. Les cadets et les bourgeoïs ne nous « conseillent* »

invoquant les problèmes, prétendus insolubles, du pouvoir.

Non, nous ne devons pas nous laisser intimider par les cris des bourgeois apeurés. Souvenons-nous bien que nous ne nous sommes jamais posé des problèmes sociaux « in:

paysannerie pauvre résoudra Île problème parfaitement soluble des premiers pas à faire vers le socialisme, c'est-àdire de lunique issue qui soit dans la situation extrême-

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Jizn, la conviction que les bolchéviks ne seront pas en

tente de déverser sur les bolchéviks des flots d’injures véhé-

infailliblement ses dupes, car, prédisant sans cesse, mali--

Or, ces clameurs de la bourgeoisie sont, elles aussi, Si VOUS

Re nullement et ne nous ont jamais « conseillé >» de prendre EE le pouvoir, ils s'efforcent seulement de nous intimider en

solubles », que, seule, la dictature du prolétariat et de la

de

ment difficile où nous nous trouvons. En Russie, la victoire, la victoire durable, est assurée au prolétariat aujourd’hui plus que jamais, plus que nulle part ailleurs, s’il prend le pouvoir. | = .Examinons de façon purement pratique les circonstances concrètes qui nous rendent défavorables tels ou tels facieurs, mais ne nous laissons pas un instant intimider par les clameurs Sauvages de la bourgeoisie et n’oublions PaS que Ia question de la prise du pouvoir par les bolchéviks devient véritablement actuelle. Notre Parti est désormais menacé d’un danger beaucoup plus grand si nous loublions que si nous reconnaissons que la prise du pouvoir est < prématurée ». En ce moment, la prise du pouvoir ne

Peut pas être « prématurée » : du moins y a-t-il un million de Chances contre une ou deux pour qu’il en soit ainsi.

En réponse aux furieuse injures de la Retch, on pourrait et l’on devrait répéter:

Ce n’est pas dans le doux murmure des louanges, C’est dans les cris Sauvages de la fureur, Que nous discernons l’approbation :,

Ea haine féroce que nous voue la bourgeoisie fait res- Sortir avec l’évidence la plus grande que nous indiquons

justement au peuple la voie et les moyens qui le mèneront au renversement de Ia domination bourgeoise.

LR |

Le Diélo Naroda, cette fois, à titre d'exception rare, s’est abstenu de nous honorer de ses invectives, mais il n’a pas apporté non plus ombre d’un argument. Il se borne à tenter de nous infimider indirectement en insinuant que € les bolchéviks seront obligés de former le cabinet »>. Que les socialistes-révolutionnaires qui cherchent à nous intimider soient eux-mêmes franchement effrayés et mortellement effrayés par le spectre du libéral épouvanté, je suis tout à fait porté à le croire, De même, j'admets que, dans certaines institutions supérieures et supérieurement gangrenées, comme le Comité exécutif central ou les commis-

Sions.de « contact >» du même genre (c’est-à-dire de contact,

ou plutôt de connivence, avec les cadets), les socialistes-

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