‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 155 sur 252 · En français dans le texte · texte numérisé non relu

En français dans le texte

8° cet appareil étant formé par élection et renouvelable au gré du peuple, sans formalités bureaucratiques, est beaucoup plus démocratique que tous les précédents; 4° il assure une liaison solide avec les professions les plus diverses, facilitant ainsi l’application, sans bureaucratie, des réformes les plus différentes et les plus profondes; 5° il constitue la forme d'organisation de l’avant-garde, c’est-à-dire de la partie la plus consciente, la plus énergique, la plus avancée des classes opprimées, des ouvriers et des paysans, et permet par là-même à cette avant-garde d’élever, d’instruire, d’éduquer et d’entraîner dans son sillage toute la masse de ces classes, jusqu’à présent complètement écartée de la vie politique et de l’histoire; 6° il permet d’allier les avantages du parlementarisme à ceux de la démocratie immédiate et directe, c’est-à-dire de réunir dans la personne des représentants élus du peuple les fonctions législatives et celles de l’exécution des lois. Comparativement au parlementarisme bourgeois, c’est là, dans le développement de la démocratie, un progrès d’une importance historique mondiale.

En 1905, nos Soviets n’ont eu qu’une existence pour ainsi dire embryonnaire puisqu'ils n’ont existé que quelques semaines en tout. Il ne pouvait, évidemment, pas être

question à cette époque de leur entier développement. Dans

la Révolution de 1917 non plus, il ne peut pas encore en être question, car c’est trop peu d’un délai de quelques

mois, surtout si l’on tient compte que les dirigeants socialistes-révolutionnaires et menchéviks ont prostitué les So-

viets et en ont fait des parlotes et des auxiliaires passifs de la politique d’entente entre les leaders. Les Soviets se sont décomposés et putréfiés tout vifs sous la direction des Liber, Dan, Tsérétéli et Tchernov. Les Soviets ne peuvent se développer véritablement, accomplir leurs tâches et déployer entièrement leurs facultés que s’ils prennent tout le pouvoir politique, faute de quoi ils n’ont rien à faire, faute de quoi ils ne sont que des embryons (ce que l’on ne saurait rester trop longtemps) ou des jouets. La « dualité du pouvoir » est la paralysie des Soviets.

Si la force créatrice des classes révolutionnaires n’avait pas enfanté les Soviets, la révolution prolétarienne n’aurait nul avenir, car il eût été impossible au prolétariat de garder le pouvoir avec l’ancien appareil d'Etat, et il est impossible de créer d’un seul coup un nouvel appareil. La triste histoire de la prostitution des Soviets par Tsérétéli et Tcher-

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