ITALIE ET VICTOR-EMMANOEL
« Considérant qu'entre les provinces italiennes déjà réunies et celles qui vont se réunir en une nation unique sous le sceptre du magnanime roi Victor-Emmanuel, doivent disparaître ces antiques barrières élevées dans les temps de la commune servitude et des divisions politiques passées :
• Art. 1*'. Est consenti le principe d'une pleine liberté de navigation dans les ports et rades de Sicile pour les provenances et les produits des possessions italiennes sous le sceptre du gouvernement de S. M. le roi Victor- Emmanuel .
■ Art. 2. Le secrétaire d'État pour les affaires extérieures et du commerce, et le secrétaire d'Etat pour les finances, sont chargés de formuler d'accord un règlement pour l'exécution du présent décret.
• Palerme, Juin 1800.
• Signé : Le dictateur, o. caribaldi.
« Contresigné : msani. f. caispi.
Il est vrai que le chef du cabinet sarde se refusait à la réciprocité, ainsi qu'à tout ce qui pouvait servir les intérêts siciliens. — Voici, à ce propos, un fait dont le lecteur pourra tirer lui-même la portée :
t A peine constitué, le gouvernement du dicta-
■ teur écrivit au cabinet de Turin, pour le prier de
• prendre sous sa protection les Siciliens à l'étranger.
• M. de Cavour n'en tint aucun compte. Il arriva à
■ Tunis qu'un capitaine de navire sicilien s'adressa « au consul sarde. Ce consul le reçut plus que frois dément et renvoya ses papiers au consul du roi de « Naples, qui éclata en paroles injurieuses et en t procédés grossiers contre le Sicilien. — Que « M. de Cavour refuse au moins nettement, et le
c gouvernement sicilien pourra, comme en 1848, « nommer ses représentants à l'étranger. »
(Journal le Dirilto, de Turin, 12 août.)
Tout en agissant de la sorte, M. de Cavour n'en fait pas moins accuser auprès de l'Europe, d'intentions séparatistes, d'idées mazziniennes, de rêve final d'une république, les honorables (1) chefs du gouvernement de la Sicile. — Qu'on veuille donc bien parcourir le texte des instructions remises par le cabinet de Palerme à ses divers envoyés, le prince de Saint-Cataldo, à Paris, — le prince de San-Giuseppc-Bclmonte, à Londres, — le comte Michel Amari, à Turin, — et l'on sera assurément édilié sur ces imputations, aussi absurdes que haineuses :