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XIX. — Les ministres de la Commune

La Commission des Finances, c'était Jourde, ce jeune comptable qui s'était révélé le 18 mars d’une dextérité rare. Très fin, enthousiaste, il avait conquis l’amitié de son collègue Varlin. Le premier problème de chaque matin était de nourrir 300 Où 350.000 personnes. Sur les 600.000 ouvriers travaillant chez un patron ou chez eux que renfermait Paris en 1870-1871, il n’y en avait d'occupés que 114,000 environ, dont 62.500 femmes. Il fallait ensuite alimenter les différents services. Versailles, on l’a vu, n'avait laissé dans les caisses que 4.658.000 francs, et Jourde voulait conserver intacts les 214 millions de titres trouvés au Ministère des Finances. Il y avait bien la plantureuse banque de France; on s'était interdit d'y toucher. La délégation en était réduite, pour faire

vivre et défendre Paris, aux recettes des Administrations

télégraphes, postes, octrois, contributions directes, douanes, halles et marchés, tabacs, enregistrement et timbre, caisse municipale, chemins de fer. La Banque de France dégorgea

peu à peu les 9.400.000 appartenant à la Ville et avança, avec

l'autorisation de M. Thiers, 7.290.000 francs du sien. Du

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20 mars au 30 avril, la Commune récolta ainsi 26 millions. Dans la même période, la guerre en prit plus de 20. L'In-

tendance reçut 1.813.000 francs, l’ensemble des municipali-

tés 1.446.000, l'Intérieur 103.000, la Marine 20.000, la Justice 5.500, le Commerce 50.000, l'Enseignement mille, les Rela-

tions extérieures 112.000, les Sapeurs-pompiers 100.000, la

Bibliothèque Nationale 80,000, la Commission des barricades 44.500, l’Imprimerie Nationale 100.000, l'Association des tailleurs et des cordonniers 24.662. Ces proportions restèrent à peu près les mêmes du 1* mai à la chute de la Commune. Les dépenses de cette seconde période s'élèvent à 20 millions environ. Le chiffre total des dépenses du Comité Central et de la Commune pour neuf semaines est d’un peu plus de 46.300.000 francs, dont 16.690.000 fournis par la Banque et le reste par les services, l'octroi contribuant pour une douzaine de millions. Et Jules Simon d'écrire : « Jamais sous aucun régime 1l n'y eut autant de gaspillage d'argent ». Pendant que la Commune obtenait juste de quoi ne pas mourir, la Banque de France acceptait 257.630.000 francs de traites tirées sur elle par Versailles pour combattre Paris. (LISSAGARAY.)

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