VI. — Le décret des otages. me
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« Le mardi soir, 4 avril, me dit Protot, qui était alors délé-
gué à la Justice, nous étions en séance depuis une demi-heure
— il était dix heures environ — quand Chardon entra. Il
était en uniforme de colonel. Membre de la Commune, élu
par le treizième arrondissement, Chardon avait accompagné
les bataillons fédérés qui avaient tenté d’atteindre Versailles
par le plateau de Châtillon.s Extraordinairement ému, les
yeux gros de larmes, Chardon annonça que Duval avait été
fusillé, dans LA Ta par l’ordre du général Vinoy. Les
détails de l’exécution de Duval et de deux officiers de son
__ état-major, au Petit-Bicêtre, avaient été apportés à Chardon par un prisonnier échappé on ne sait comment. Des cris de colère et de vengeance éclatent. Tout le monde est debout... . « [1 faut le venger Il faut, en représailles, fusiller, nous aussi. » Les propositions les plus violentes sont clamées. Rigault veut qu’on fusille l'archevêque arrêté la veille, détenu à Mazas.…., que l’on fusille les curés et les jésuites arrêtés en 4 même temps que lui. « I] faut ouvrir les prisons au peuple qui . …. fera justice », crie quelqu'un, Le tumulte et la fureur sont 32 au comble. |