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CÉPATEERCERT
LA. GUERRE DESTPEYSSNS
jf, — L'Oppression féodale.
L'oppression féodale qui se basait sur la ruine de l'indé-
pendance paysanne et de la propriété communale provoquait
un peu partout de terribles révoltes paysannes, surtout en
Angleterre, en France (« Les Jacqueries ») et en Allemagne.
Mais c'est dans ce dernier pays que le soulèvement paysan prend un caractère particulièrement inquiétant pour l'ordre existant. Il y revêt, pendant la Réforme luthérienne, une forme religieuse, qui le fait considérer, par le grand historien catholique Janssen, comme un chapitre des guerres de religion. C'est une erreur. Même les historiens bourgeois, comme Ranke, Zimmermann ét Lamprecht, sont obligés d’en
reconnaitre le caractère éminemment social et économique. La
religion n'était qu'un prétexte, l'Evangile une arme de plus aux mains des paysans opprimés. |
Depuis le 1x° siècle, la grande propriété se peu à peu de la terre paysanne en détruisant les formes primitives de la possession familiale. L'Eglise protège d'abord le paysan, mais, à la fin du moyen âge, elle l’opprime au même titre que le faisait la noblesse. Le régime capitaliste naissant, en vidant les campagnes des éléments les plus actifs, aggrave la situation des paysans, écrasés par toutes sortes de redevances et par l'impôt. L'importation de l’or du Pérou et du Mexique, dont les mines viennent d’être découvertes, contribue à renchérir la vie. L'Etat grandissant a besoin d'argent pour ses armées. Et il plonge sa main dans la poche du paysan. La noblesse et l'Eglise en prennent pour leur vie de luxe et
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de débauche. Les paysans corvéables ét taïllables à merci . finirent par perdre patience. Ils se soulevèrent.
l'agitation religieuse et mystique demandant le retour à l'Evangile favorisa le mouvement. Les réformateurs relicieux prèchèrent les idées d'Egalité. La révolte commença quelques années après la Réforme (1517), au Sud du Schwartzwald. Les paysans, sous la direction de Hans Mül-
ler, cherchèrent à entrer en rapports avec les prolétaires des
villes. Le programme économique des paysans contenait douze articles. À côté des revendications de moindre impor-
tance (l’abaissement du taux de l'intérêt, des redevances et.
la réforme de la justice), les paysans révoltés réclamèrent l'établissement de la propriété commune. (Markgenossenschaft.) Cette revendication contraire à l’évolution capitaliste a fait dire à Ferdinant l :s5salle que la Révolte des paysans avait un caractère résc''onnaire, parce qu'elle signifiait le retour au passé. Les paysans demandèrent le retour des bois, des paturages et des terres arables à la commune.
Le servage doit être aboli, car, disaient les paysans, Jésus- Christ avait délivré tous les hommes par son sang. Au point de vue religieux, les paysans demandèrent l'élection des prètres et l'obligation pour ces derniers de prècher le vrai Evangile. Des excès furent commis (1525). Une grande partie de l'Allemagne est en flammes. Sur plusieurs points, les paysans sont victorieux. Nombre d'évêques et de villes furent obligés de traiter avec les révoltés et de leur faire des concessions.
À la tête du mouvement, se trouva Thomas Müntzer (né vers (1490-1493), un prêtre révolté. Il étudia la théologie, devint chapelain d’un couvent de religieuses à Halle, puis prédicateur à Zwickau. Il fut partisan d'une sorte de panthéisme mystique et se prononça pour la tolérance. J.es paiens et les Turcs sont déclarés par lui égaux aux chrétiens.
Le chef de la Réforme, Martin Luther (1483-1546) avait à choisir entre les paysans et leurs oppresseurs. Il opta pour ces derniers et publia le 6 mai 1525, un opuscule Contre les
SA
Si hordes paysannes ie et Me e pillards, & en , conseil que voici aux princes : « Que celui qui peut enfon 2 «23 l'épée, frappe, étouffe. Si tu en meurs, tu ne trouveras jamais à
une mort plus bienheureuse ! » Les princes allemands accoururent, et la révolte fut étouffée d’une manière atroce. Les Êe | conséquences se firent sentir terribles pour toute la paysan- À nerie allemande. L'oppression fut plus forte que jamais. Le
servage fut généralement maintenu jusqu'à l’époque où le
capitalisme triomphant, vers le milieu du x1x° siècle, a trouvé plus profitable de le remplacer par le salariat.