‹ La révolution socialeChapitre 27 sur 172 · VIII. — Babeuf après le 9 Thermidor · texte numérisé non relu

VIII. — Babeuf après le 9 Thermidor

Aussitôt après la mort de Robespierre, quelques Sociétés populaires avaient été réorganisées. S'étaient notamment très vite retrouvés nombreux dans la grande salle d'un bâtiment de l’Archevèché, dite des électeurs, entre Notre-Dame et la Seine — c'est là qu'on avait procédé aux élections en 89 — « les vrais amis des Droits de l'Homme », selon l'expression de Babeuf (n° 7 de son journal), les patriotes antijacobins — on sait que, dans le langage de l’époque, les mots patriotes et démocrates étaient synonymes; encore en l'an VII, « pour un partisan du vieux régime, patriote est également syno-

nyme ou d’anarchiste ou de terroriste ». (Paris pendant la

réaction thermidorienne et sous le Directoire, t. V, p. 490.) — les amis de Chaumette, les membres et habitués de l’ancien club électoral, aussi ardents que par le passé, heureux d’abord, mécontents bientôt lorsqu'ils virent rester en fonctions les magistrats municipaux nommés le 10 thermidor ( 28 juillet) par le Comité de Sûreté générale.

Cette Société populaire, dite « électorale » à cause du nom habituel de la salle qu’elle occupait, et aux séances de laquelle Babeuf assistait assez souvent, présenta à la Convention, le 20 fructidor (6 septembre), une pétition réclamant en premier lieu « la garantie la plus illimitée des opinions et de la Hberté de la presse », en second lieu « que le peuple rentre dans la plénitude de ses droits en nommant immédiatement ses fonctionnaires ». Le président de la Convention, 3ernard (de Saintes), répondit que la Déclaration des Droits de l'Homme avait réglé le premier point et que « le gouvernement révolutionnaire, établi pour le bonheur public », ne pouvait admettre le second. La Convention, à l'unanimité, passa à l’ordre du jour; puis, sur la proposition de Pillaud-

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