‹ La révolution socialeChapitre 32 sur 172 · XI. — Babeuf et le Peuple · texte numérisé non relu

XI. — Babeuf et le Peuple

Le peuple est apathique, écrit Babeuf, pusillanime, disent ses détracteurs; donc, ajoutent-ils, être jugulé est son sort inévitable. T'aisez-vous, imbéciles administrateurs! Silence aussi, plats esclaves! Le peuple vous prouvera qu’il n’est point insouciant ; il vous fera voir définitivement ce qu'il sait faire quand ses éclaireurs lui auront fait connaître l’à quoi bon de la Révolution. quand on lui aura expliqué clairement, démonstrativement, ce qu'il faut pourtant que cette Révolu-

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tion, en dernière analyse, soit pour lui, malgré toutes les oppositions des ennemis du bonheur commun. Le peuple exposera à vos yeux ébahis, glacés d’épouvante, son intrépide, sa prodigieuse énergie, quand il saura pour quel grand et majestueux motif il la déploie. quand il saura que c'est pour assurer ce qu'il doit être..., quand il saura (déchirons tous les voiles, et laissons enfin échapper le fin mot), quand il saura que c’est pour garantir à chacun de ses membres wn état de félicité stable, de sufhsance des besoins de tous, suffisance inaltérable, indépendante de l’ineptie, de l’immoralité et de la malveillance des gouvernants, quand 1l saura qu'il peut être un terme à l’état précaire et constamment malheureux dans lequel les tyrans de tous les régimes ont fait languir la plus grande masse des hommes. Il n’est point de digue tyrannique qu'alors le torrent du peuple ne soit capable de rompre et d’entrainer dans ses bouillonnements impétueux, dans ses flots devant qui tout recule. — (Le Z'ribun du Peuple ou le Défenseur des Droits de l'Homme, par Gracchus BABEUr. Prospectus. 17 fructidor, an IT de la République, p. 3-4.)

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