‹ La révolution socialeChapitre 34 sur 172 · XVI. — Pour la Patrie. Contre le Militarisme · texte numérisé non relu

XVI. — Pour la Patrie. Contre le Militarisme

La défense de la patrie contre les agressions toujours. possibles des étrangers est une partie essentielle de la sagesse des lois; car les meilleures institutions intérieures ne sauraient préserver un peuple inhabile à la guerre de l’invasion d’un voisin injuste et belliqueux. G

Mais si, d’un côté, les armes sont utiles à la Répubhous elles lui deviennent, d’un autre côté, très funestes lorsque, habituellement et exclusivement confiées à une partie des c1toyens, ceux-ci, séduits par l’appât du butin et d’une fausse gloire, les tournent contre la liberté des autres, au profit de l'ambition et de la tyrannie. Pour prévenir un si dangereux abus, il est d’une bonne politique de donner des armes à tous les citoyens et de les rendre tous également habiles à s'en ser- DT.

Outre un préservatif contre le danger dont nous venons de parler, la République trouverait dans une semblable institution l'avantage de se faire mieux respecter par ses voisins et celui non moins précieux d’accoutumer les citoyens à l'obéissance légale et d'en augmenter la vigueur par la fatigue et par le mépris de la douleur et de la mort. |

Aussi dès que les enfants en auraient eu la force, on les aurait habitué aux travaux militaires. En parlant de la première éducation, je dirai comment on voulait leur inspirer la fermeté et le courage. Je me borne ici à faire remarquer que dans l'esprit des membres du Comité, l'effet des institutions à ce relatives a été de n’introduire les jeunes gens dans la vie sociale que déjà préparés à la discipline et aux priva-. tions des camps, enflammés de l'amour de la patrie et brûlant de la servir.

Autant les nouvelles institutions auraient augmenté la : force défensive de la nation, autant elles lui auraient inspiré

le sentiment d'équité envers les étrangers et d'aversion pour les conquêtes. | :

Un peuple agricole, sans monnaie et sans luxe, n'ayant d’autres soldats que les citoyens et goûtant les douceurs de l'égalité, de la liberté et de l’abondance, n’a n1 la volonté n1 le pouvoir de prendre les armes pour opprimer ses voisins où de prolonger la guerre quand il s'y est engagé pour sa défense. — (/bid., p. 238.)

Comme chez tous les socialistes utopistes, on ne compte,

chez les Babouvistes, que sur un état agricole. L'industrie

moderne leur reste inconnue. Sparte pacifique est leur cité idéale.

Page 1