XVII. — Contre la guerre
Cn pensait, au Comité insurrecteur, que la loi devait défendre toute guerre offensive et obliger l’armée à attendre sur le territoire de la République les attaques de l’ennemi; on y voulait que pour préserver la nation de la corruption que les
dépouilles des vainqueurs traînent à leur suite, tout butin
individuel fut interdit, et que tout soldat fut obligé de rapporter au dépôt public tout ce qui pourrait tomber sous sa main.
Cependant, on ne se dissimulait pas que la meilleure sûreté contre la licence militaire résiderait du mépris des trésors des peuples esclaves que l'éducation commune graverait dans tous les cœurs. Sous la tente, au milieu des combats, le soldat citoyen n'eut eu d’autre passion que l'amour de l’égalité et de la patrie, ni d'autre guide que ses lois.
À l'amour de leur République, les conjurés joigaaient celui de l'humanité, au bonheur de laquelle ils se rapportaient au fond de tous leurs projets. Si leurs vœux avaient été accomplis, 1l n'eut pas tenu à eux que le même esprit d'égalité et de justice qui devait régner entre tous les citoyens, ne diri-