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avons faite à ce sujet dans la Revue Scientifique, les faits à lPappui se sont multipliés; nous en récueillons quelques-uns.
Un singe, que l’on avait vêtu à l’européenne, étant retourné dans ses montagnes de la Kabylie, y fut accueilli avec horreur; tous ses compagnons le fuyaient à cause de son habillement. = Nous savons tous que les chiens aboient toujours, même sans Îe besoin ou le devoir de la garde, à chaque voiture qui passe par les rues silencieuses du village; on connaît les cas de chevaux qui s’emportent si le cavalier a changé la manière de se vêtir, parce qu’ils ne le reconnaissent pas. Con
Selon Romanes et Delbauf, les chiens ont peur des bulles de savon : « À la quatrième bulle qui éclatait, écrit ce dernier, la fureur de mon chien ne connaissait plus de bornes. »
Il en est de même dans l'enfance de l’homme; un enfant qui voit pour la première fois un visage ou un animal s’agite avec violence et cherche à se sauver; et cela rien que par peur du nouveau; c’est pour la même raison que vous le voyez même deveñir féroce si vous le changez de chambre et s’effrayer à chaque meuble nouveau; on ea observa qui voulaient toujours voir la même peinture et entendre la même histoire avec les mêmes termes. Malheur si on les changeait !
Varigny raconte qu’un petit enfant de deux ans, qui lui était affec-
tionné, s’éloigna de lui avec horreur quand un rhumatisme l’obligea de s’emmailloter une jambe dans de l’ouate; l'enfant le regardait, soupçonneux, puis jetait des .hurlements frénétiques; même après sa . guérison, l’enfant cherchait à l’éviter et criait s’il l’approchaïit de trop près; ce ne fut qu’au bout de plusieurs mois, «et en présence d’un tiers, qu’il consentit à l’écouter et à lui donner la main.
De même que les enfants sont misonéistes, nous voyons aussi les femmes tenir beaucoup à la religion, aux coutumes et, dans quelques régions, à la langue de leurs ancêtres, au point qu’elles conservent un langage différent de celui des hommes lorsque ceux-ci, comme en Amérique, dans l’Orénoque, chez les Abipons, ont de la langue des tribus voisines.
Cette haine pour le nouveau, que l’on observe chez les enfants et chez les femmes les plus civilisées, se remarque, à plus forte raison, chez les peuples sauvages, dont la faiblesse psychique fait que, une fois certaities sensations assimilées, l'assimilation d’autres sensa- .tiohs est empêchée, surtout si la différence est grande et s'il n’y a pas de transition, de nuance qui les rapproche. Ainsi, dans les langues primitives, éléphant est bœuf avec les dents; dans la langue chinoise, les chevaux sont des grands chiens; dans le sanscrit, pour dire étable de chevaux, on emploie les expressions d’étable de bœufs