‹ La révolution socialeChapitre 5 sur 172 · DUT · texte numérisé non relu

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de chevaux; pour dire une paire de chevaux, on dit une paire de bœufs de chevaux.

(Lombtoso et R. Laschi. — Le crime politique et les Révolutions. Traduction de À. Bouchard, p. 7, 9.)

Mais, ainsi que je l'ai démontré dans l'Homme de génie, non “ seulement les académiciens qui sont, le plus souvent, de pauvres érudits, mais encore les savants de génie sont les plus ardents adversaires et persécuteurs du nouveau; ils apportent une extrème Énergie à repousser les nouvelies découvertes des autres, soit parce que la saturation de leur cerveau, si je puis parler ainsi, ne leur permet pas d'autre sursaturation, soit parce que, ayant acquis une espèce de sensibilité spécifique pour leurs propres idées, ils restent insensibles à celles des autres.

Ainsi, Schopenhauer, qui fut cependant un des plus grands rebelles en philosophie, n'eut que des paroles de pitié et de mépris pour les révolutionnaires.

Frédéric II, qui inaugurait une politique allemande et qui voulait susciter une littérature et un aït nationaux, ne soupçonna même pas la valeur de Herder, de Kilopstock, de Lessing, de Gæœthe (Revue des Deux-Mondes, 1833, p. 02); pour là même raison, il avait une telle horreur de changer de vêtements qu'il n’en eut jamais plus de deux ou trois à la fois dans sa vie. Rossini ne voulut jamais aller en chemin de fer; Napoléon repoussa la vapeur; Bacon raïlla Gilbert et Copernic; il ne crut pas à l’applicabilité des instruments ni méme des Mmathémätiques en sciences exactes! (Draper, Histoire du Mouvement intellectuel de l'Homune. III. 280); Baudelaire et Nodier haïssaient les libres-penseurs (Revue Bleue, 1897, p. 17)

Voltaire niait les fossiles et, à son tour, Darwin niait l’époque de la pierre et l’hypnotisme, cotnme Robin et Quatrefages niaient l’existence des météorites, parce que, disait-il (aux applaudissements unanirhes des académiciens), 1 ne peut pas tomber de pierres du ciel, vu qu'au ciel il n’y a pas de pierres; Biot niait la théorie de l’ondulation (Lombroso, L'Homme de génie, Alcan, Paris, 1889). Galilée, qui avait découvert que l'air est pesant, niait pourtant, dans ses dernières années, l'effet de la pression atmosphérique sur les liquides.

(Loimbroso et R. Laschi, 1bid, p. 22-23)

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V. — L'Inertie sociale et le Misonéisme ne sont pas des explications.

Ce sont des constatations. L'homme, dit Lombroso, a horreur du mouvement, du nouveau. Il est l’'ennemi-né des révolutions. Mais comment expliquer que les révolutions soient si fréquentes dans l'Histoire? D'où cette haine du nouveau?

Lombroso, tout naturaliste qu'il est, est en même temps tri-

butaire de la conception idéaliste de l'Histoire, et 1l relègue

. comme tel, toutes les énigmes historiques dans la mystérieuse

« nature humaine », qui est pourtant fréquemment changeante et demande, elle aussi, à être expliquée.

La « haine du nouveau » s'explique tout simplement par ce fait que l’homme d'un milieu déterminé, d’une classe sociale donnée, n'a pas intérêt au changement, au nouveau. I] arrive aüssi que cet intérêt n'est pas suffisamment élucidé, mis

en évidence par Îles circonstances ou par l'influence de l’édu-

cation. L'homme aime le nouveau qui lui apporte un sou-

lagement, un mieux-être.

Le misonéisme et l’inertie sociale se trouvent le plus souvent dans les classes dominantes et privilégiées qui ont, au moins momentanément, tout à perdre et rien à gagner au changement, au nouveau. Klles sont misonéistes par intérêt, des misonéistes conscients.

Chez le peuple, qui ne peut que gagner au changement, le misonéisme est un état passager, explicable par l'ignorance de son intérêt, ignorance involontaire, maintenue par le soin des classes qui le gouvernent et dans leur propre intérêt.

Cette haine du nouveau a souvent une portée sociale et

présente une nécessité historique. Lorsque les conditions d’un

nouveau régime ne sont pas encore réalisées, que les forces nouvelles capables de le faire vivre sont encore en voie de formation, l'instinct de: conservation de toute la société ré-

Poe le maintien de l’ancien. Quand la nouvelle maison so- ciale est encore en construction, on est bien obligé de garder Ja vieille masure malgré ses inconvénients.

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