‹ La révolution socialeChapitre 59 sur 172 · AT Ÿ · texte numérisé non relu

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unique occupation de se faire accepter par la bourgeoisie, Cependant, tandis que les capitalistes retiraient le numéraire de la circulation et compromettaient la République par leur défiance réelle où simulée, les ouvriers lui venaient en aïîde par l'offrande générale de leurs épargnes. Sobrier avait donné l'exemple de ces sacrifices en versant 20,000 francs, un cinqnème de sa fortune, dans les caisses de l'Etat. De nombreux démocrates l'imitèrent ; dans tous les ateliers on fit des collectes. Des hommes, à peine assurés de leur subsistance du lendemain, offraient à la patrie ce qu'ils avaient pu retrancher de leur salaire de chaque jour. Pourquoi faut-il ajouter que la plupart de ces obscurs dévouements populaires ont eu pour récompense, quelques mois plus tard, la prison, l'exil ou fa mort ! |

Ces dons volontaires offerts, à peu d'exceptions près, par des hommes du Peuple, 1 ne suffisaient pas pour parer aux difficuités de la situation. Le ministre des finances, Garnier- Pagès, qui avait succédé à Goudchaux, proposa quelques demi-mesures également impuissantes : la vente des diamants de la Couronne, l'aliénation des forêts de l’ancienne liste civile, la réalisation du complément de l'emprunt voté sous la monarchie. Il fut décrété que les citoyens qui apporteraient des offrandes volontaires seraient considérés comme souscripteurs de l'emprunt national et recevraient un coüpon 5 0/0 de rente au pair, quand bien même ce fonds dépasserait le pair avant le complément de la souscription. Mais tous ces palliatifs étaient des gouttes d'eau dans la rue. On se décida à demander des ressources à un emprunt exceptionnel. Une addition de 45 centimes par franc au montant des quatre contributions directes fût décrétée pour l’année 1848. Cet impôt pesait surtout sur les petits propriétaires des campagnes, ‘ dont les terres sont en général grevées d’hypothèques. Le mécontentement fut universel; pour les paysans, assez indifférents, en général, aux questions politiques, la République,

c'était l'impôt des 45 centimes. (Louis MÉNARD.)

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