‹ La révolution socialeChapitre 68 sur 172 · À TOUS LES TRAVAILLEURS · texte numérisé non relu

À TOUS LES TRAVAILLEURS

Nous, délégués des ouvriers au Luxembourg, nous, voués corps et ame à da République, pour laquelle, comme vous tous, nous avons combattu, nous vous prions, au nom de cette liberté si durement achetée, au nom de la patrie régénérée par vous, au nom de la fraternité, de l'égalité, de ne pas joindre vos voix et votre appui à des voix monarchiques, de ne pas prêter vos bras et vos cœurs pour encourager les partisans d’un trône que vous avez brisé ! Les hommes sans âme, sans conviction, amèneraient inévitabiement l’anarchie au milieu du pays, qui n’a besoin que de liberté et de travail.

Nul ne doit prétendre désormais qu’au plus beau de tous les titres, à celui ‘de citoyen. Nul ne doit essayer de lutter contre le véritable souverain, le peuple.

Le tenter serait un exécrable crime, et quiconque l’oserait serait traître à l'honneur et à la patrie.

La réaction travaille, elle s’agite; ses nombreux émissaires feront luire à vos yeux un rêve irréalisable, un bonheur insensé,

Elle sème l'or. Défez-vous, amis, défiez-vous. Attendez encore quelques jours, avec ce caime dont vous avez fait preuve et qui est la véritable force.

Espérez, car les temps sont venus, l'avenir nous appartient; n’encouragez pas par votre présence les manifestations qui n’ont de populaire que le titre; ne vous mêlez pas à ces folies d’un autre âge.

Croyez-nous, écoutez-nous, rien n’est maintenant possible en France que la République démocratique et sociale.

L'histoire du dernier règne est terrible; ne la continuons pas; pas plüs d’empereur que de roi. Rien autre chose que la liberté, légalité, la fraternité.

Tel est notre vœu, tel doit être le vôtre, celui du peuple.

Vive la République !

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