IX. — La fin de la Révolution et de la liberté
Cavaignac, pour sauver l'honneur de l’armée et l’ordre, fusille le peuple. La République bourgeoise assassine ses fondateurs, en se suicidant elle-même et en ouvrant largement la porte au prétendant de l'Empire.
Dans la séance qui se tint le 22 juin, après minuit, M. de Lamartine, tout en repoussant avec beaucoup de fierté, au nom de son propre honneur et de celui de ses collègues, l'avis de se retirer, que M. Martin (de Strasbourg) leur apportait de nouveau, au nom de la réunion du Palais-National, insista encore, et cette fois avec succès, pour que l’on concentrat toutes les forces militaires entre les mains du général Cavaignac. M. de Lamartine conseillait aussi, afin d'agir avec toute la célérité et tout l’accord désirables en des circonstances aussi graves, et pour rendre cet accord évident, qu'une partie du Gouvernement demeurât auprès du général en chef, à l'hôtel du président de l’Assemblée.
L'opinion de M. de Lamartine ayant prévalu, et les choses étant ainsi réglées, le général Cavaignac prit ses dispositions. Pendant qu'on battait le rappel et que la garde nationale courait aux barricades, 1l appelait à lui les généraux Bedeau, Lamoricière, Damesme, Foucher, Lebreton et leur remettait les commandements qu’il leur avait destinés. Selon le plan convenu, il faisait masser les troupes dans les Champs- Elysées, dans les Tuileries, sur la place de la Concorde, sur l’esplanade des Invalides, et le général Foucher recevait l'ordre de veiller à la sûreté de l’Assemblée, Deux divisions principales devaient se partager les opérations. La première division, confiée au général Bedeau, allait se porter à l'Hôtel de Ville. La seconde, sous les ordres du général Lamoricière, devait couvrir les faubourgs de la rive droite, sur toute la ligne des boulevards, depuis le Château-d'Fau jusqu’à l’église
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