CARPE
de la Madeleine. Une brigade de cavalerie commandée par Île général Grouchy devait occuper les boulevards, depuis la rue
du Helder jusqu'au faubourg Montmartre, et pousser des
reconnaissances jusqu'au quartier général de M. de Lamoricière. Le général Damesme, à la tête d’une subdivision, était chargé de protéger la rive gauche, particulièrement le palais du Luxembourg, où siégeait une partie de la Commission exécutive. Feb
Il y a lieu, en effet, de s'alarmer. Pendant le peu d'heures qui viennent de s’écouler, les insurgés ont pris des positions très fortes sur la rive droite de la Seine. Sur la rive gauche,
‘ils sont maîtres du Panthéon, d’où ils descendent dans toutes
les directions, par des rues barricadées de trente en trente pas, jusqu'au fleuve. Au centre, ils occupent toute la partie de la Cité qui s'étend au delà de la Préfecture de Police et du Palais de Justice. Partout, la population semble leur être favorable ou tout au moins elle restera spectatrice ‘du combat sans prêter aucun appui à la troupe. (D. SrERN, Jbid., p. 383.)
Entre temps, Arago cherche à apaiser la foule des insurgés. Il n y parvient pas. La bataille recommence de plus belle.
Soit que les insurgés ne se trouvent pas en nombre, soit que la vue du canon les intimide, ils quittent précipitamment la barricade et se jettent par les rues en criant: « Aux ar-
mes! » Alors M. Arago se dirige vers la place de Cambrai et
la rue des Mathurins-Saint-Jacques, où une forte barricade, commandée par un capitaine de la 12° légion, oppose à la troupe une longue résistance. On ne parvient qu’à l’ébranler par le canon, Il faut l'enlever à la baïonnette en perdant beaucoup de monde. Apres avoir pris deux ou trois autres barrtcades et dégagé le pourtour du Panthéon, Arago, suivi seulement des gardes nationaux, rentre au Luxembourg, laissant les canons et la troupe au général Damesme, qui vient d’établir son quartier général sur la place.
Vers la même heure, un engagement vif avait lieu sur le boulevard Bonne-Nouvelle. J'ai dit comment Pujol avait fait
EX
construire, à la hauteur de la porte Saint-Denis, la première barricade. Elle était flanquée de deux autres qui fermaient l'entrée des rues Mazagran et de Cléry. .
Un détachement d’une cinquantaine d'hommes environ de la 2° légion, escortant les tambours qui battent le rappel, descendait sur le boulevard, sans se douter que les insurgés fussent si proches, lorsqu'il se vit inopinément en face de la barricade.