‹ La révolution socialeChapitre 77 sur 172 · I. — La Révolution personnifiée · texte numérisé non relu

I. — La Révolution personnifiée

Auguste Blanqui fut la révolution personnifiée, sa conscience, sa haine, sa clairvoyance. Il fut indomptable et fidèle,

n ardent'et méfiant. Il vit tous les fantoches de la politique __ démocratique trahir la révolution, l’un après l’autre. Et il en conçut une telle haine, un tel mépris, que ces sentiments, à eux seuls, pouvaient constituer une source d'énergie iné- puisable. Ce qui le distingue des démocrates avancés, ce n'est - pas autant la conception de la Révolution — Blanqui fut avant tout démocrate et partisan de la République démocratique laïque, apôtre de l'instruction égalitaire — mais plutôt

la fidélité au drapeau de la Révolution. Il lui fit le sacrifice de “. sa vieet, ce . est plus difficile, de sa liberté. Il passa sa vie en prison et n'en sortit que pour crier sa hainé contre les lâches renégats de la République démocratique. C'était une

nature délicate et fine, un esprit concis et pénétrant. Mais il

est venu à une époque où le développement capitaliste était à “ES début. Les conditions objectives de la révolution sociale

manquaient : une industrie développée et un prolétariat orga- nisé. Et Blanqui est condamné à cet expédient de Sociétés

secrètes. Flles jouèrent un rôle considérable pendant presque tout un siècle, depuis Babeuf. Flles étaient le refuge des idées

républicaines et socialistes. Elles étaient aussi l’école de __ dévouement révolutionnaire. Devenues inutiles, ou nuisibles, | sous un régime de liberté relative de propagande et d'or- ganisation — et toute tentative de les restaurer est réaction-

naire — elles furent bienfaisantes et absolument nécessaires

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