‹ La révolution socialeChapitre 78 sur 172 · LE · texte numérisé non relu

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à l’époque de Blanqui. Elles jouèrent un rôle dans toutes les révolutions victorieuses. : | |

Néanmoins, la conception blanquiste d'arriver à la révolution par une série de coups de main, de conspirations, fut et reste utopique. La classe ouvrière ne saurait rester à l'ombre des Sociétés secrètes, à l’état de fantôme. Elle doit prendre sa place au grand jour de la vie sociale et politique. Elle ne peut pas être à la merci des agents provocateurs, ce fléau des sociétés secrètes. Du reste, la société capitaliste ne pouvant se passer du prolétariat, celui-ci en profite et lui impose, par la force de son action, son droit à la lutte pour son émancipation.

La vie de Blanqui, c’est l’histoire d’un demi-siècle de lutte révolutionnaire. Elle doit être racontée le plus amplement possible:

Il. — Auguste Blanqui.

Sa Vie. Faits et Dates de 1805-1848.

Blanqui (Louis-Auguste), né le 8 février 1805, à Puget- Théniers, mort à Paris, le 1* janvier 18871. Il fit ses études, de 1818 à 1824, à l’Institution Massin et au collège Charlemagne. Quelque temps précepteur des enfants du général Compsans, puis répétiteur à l’Institution Massin, il étudia à la fois le droit et la médecine. Attiré de bonne heure par la politique, il s’affilia à la Charbonnerie, et on connaît l'influence. considérable qu'exerçait alors sur les ventes un des survivants de la conspiration des Egaux, FR de Babeuf, le communiste Buonarroti.

Dans l’année 1827, sillonnée d'émeutes, Blanqui fut blessé trois fois : 1l reçut deux coups de sabre en avril et en mai; le 29 novembre il tomba, rue aux Ours, atteint au cou par une balle. Arrêté pendant un voyage à Nice, alors italienne, à cause de son nom qui inspirait de l’ombrage au gouverne-

ment sarde — son père avait contribué à l'annexion du comté de Nice à la France — il fut incarcéré : c'était son début dans les cachots. À Ia fin de 1820, il entrait au journal saintsimonien le Globe, où il se renferma dans sa fonction de rédacteur des Chambres. Le 27 juillet 1830, 1l prit le fusil. Une monarchie succéda à une monarchie; ce n’est pas. ce qu 1l avait espéré, et il devint un des membres les plus ardents d'une société républicaine, la Société des Amis du Peuple; il mena dans ses réunions, dans son journal, une telle campagne qu'il était arrêté le 11 juillet 1831. Traduit, le 10 janvier 1832, en cour d'assises, 1l ne voulut pas d'avocat et exposa ses théories. Le jury l’acquitta ; la cour, elle, pour avoir proclamé la nécessité de « la guerre entre les riches et les pauvres » le condamna, le 12 janvier, à un an de prison et 200 francs d'amende. Son discours a été publié en brochure.

Inscrit parmi les défenseurs des accusés d'avril 1834, cette qualité lui valut de comparaître, le 20 mai 1835, devant la Cour des Pairs. Arrêté le 13 mars 1836 pour l'affaire dite de la rue de Lourcine, qui se rattachait à la S'ociété des Familles (organisation républicaine secrète) et reconnu coupable d’association illicite et de fabrication clandestine de poudre de guerre, 1l fut condamné, le 11 août, par la 6° Chambre correctionnelle, à deux ans d'emprisonnement, 3.000 francs d'amende et deux ans de surveillance. L'amnistie du 8 mai 1837 le délivra de la prison. Interné à Pontoise, il se remit nconspirer. Le 12 mai 1830, les membres de la Société des Saisons, dont il était un des chefs, prenaient Îles armes et luttaient vainement tout un jour. Pendant cinq mois, Blanqui échappa à la police. Dénoncé au moment où il allait passer en ouisse, arrêté le 14 octobre 1830 et traduit le 13 janvier 1840 devant la Cour des Pairs, il refusa de répondre. Condamné à mort le 31 janvier, il ne pouvait guère être exécuté, Barbès ayant été gracié; sa peine fut commuée en une détention perpétuelle, et on l’envoya, le 6 février, au Mont- Saint-Michel. Aux souffrances physiques endurées là vinrent

s'ajouter les tortures morales; il eut la douleur de perdre sa femme moins d'un an après son incarcération; il l'avait

épousée en 1837, étant à Saint-Pélagie. Une tentative malheureuse d'évasion rendit sa captivité encore plus pénible jusqu’au jour où, brisé par la maladie, on le transféra, de brigade en brigade, au pénitentier de Tours (février 1844), puis, le mal s'aggravant, à l'hôpital de cette ville. Un avis des médecins le déclarant perdu parvint le 4 décembre 1844 au ministère qui, le surlendemain, expédia sa grâce. Blanqui protesta contre cette perfidie et, sur une sommation du Préfet d'Entraigues, le 26 décembre, il réitérait son refus par une lettre qu’inséra le Courrier d'Indre-et-Loire. Au commencement de 1846 il était à peu près rétabli, mais résolu à ne pas sortir de l'hôpital. A la fin de mai, on placait dans une chambre à côté de la sienne un agent provocateur nommé Houdin qui, le 23 novembre, le dénonçait comme instigateur d’une société secrète; le 27, Blanqui était enfermé au pénitencier. L/affaire se dénoua le 20 avril 1847 devant la police correctionnelle de Blois. Blanqui, à qui était reproché le délit « d'association illicite pour le développement du communisme » fut renvoyé des fins de la plainte et rentra à l'hôpital de Tours. Dix mois après, le 25 février 1848, il était acclamé au club du Prado à Paris : la révolution l’avait Rlbére.

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