‹ La révolution socialeChapitre 79 sur 172 · III. — De 1848 à · texte numérisé non relu

III. — De 1848 à

« Changement de forme, maintien du fond », dit-il du nouveau gouvernement. Il protesta en faveur du drapeau rouge et fonda la Société républicaine centrale, qui tint ses séances rue Bergère, au Conservatoire de musique. Le 2 mars, il demanda des actes; le 7 et le 14 il réclama l’ajournement

des élections ; le 22, il insista sur la nécessité de mettre fin

à l'exploitation capitaliste. Malgré ses efforts, l'opposition de Louis Blanc et de Barbès avait fait échouer la manifestation

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du 17 mars, qui avait eu pour but, dans son esprit, la modification du gouvernement. Il fut alors attaqué de tous côtés.

Le 31 mars, M. Taschereau publiait, dans le premier numéro:

de sa deuxième Revue rétrospective, un factum intitulé Déclarations faites par *** devant le ministère de l'Intérieur, rapport supposé de Blanqui à M. Duchâtel sur le complot du 12 mai 1830. Il y eut procès, et M. Taschereau ne put jamaïs produire l'original. Blanqui n’en fut pas moins contraint de se défendre, et son argumentation serrée fut sans réplique.

Il prit une part active à la manifestation du 16 avril. La veille, il avait eu une entrevue avec Lamartine, qui ne parvint pas, malgré les flatteries, à se servir de lui. Après la journée du 16 avril, un mandat d’arrêt fut décerné contre Blanqui; l'instruction de cette affaire se confondait avec celle relative au 15 mal.

Le 20 avril, Blanqui signala la concentration des troupes aux environs de Paris: le 2 mai, il dénonça les massacres de Rouen. Le 15, il se borna à subir, selon son expression

« cette invasion du sentiment populaire ». L/Assemblée envahie, il prit la parole et chercha à substituer à la question populaire la question sociale. Il n'y réussit pas, et on connait le résultat de la journée. Arrêté le 26 mai, pendant l'instruction 1l refusa de répondre. Le 7 mars 1849, il comparut devant la Haute Cour réunie à Bourges. Le 2 avril il était condamné à dix ans de détention.

Conduit à Doullens, il fut bientôt transféré à Belle-Isle. La, avec un de ses co-détenus, Cazavant, il tenta, en novembre 1853, une audacieuse évasion. Ils atteignirent la cabane du pêcheur avec qui ils avaient noué des intelligences. Celui-ci, une fois payé par eux, les livra afin d’avoir la prime de 50 francs accordée par évadé.

En 1857, on le transporta en Corse, à Corte. Interné à Mascara (Algérie) à l'expiration de ses dix ans, en vertu de la loi de sûreté générale, il ne recouvra la liberté que par l'amnistie du 16 août 1859. Naturellement, l'Empire ne tarda

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pas à le ressaisir. Arrêté le 10 mars 1861 et impliqué dans un procès de société secrète et de publications clandestines, il fut condamné, le 14 juin, par la 7° Chambre correctionnelle, à quatre années de prison. Malade, 1l quitta, en mars, Sainte-Pélagie pour aller à l'hôpital Necker, d’où il s’évada le 27 août ; le lendemain il adressait aux journaux une lettre que publiait en partie le Siècle du 31 août, et dans laquelle il disait : « J'ai subi non pas quatre ans, mais quatre ans et six mois de prison, 12 pour cent en sus du principal. Je ne dois pas aïler plus loin ». En mai de cette même année, 1l avait, en outre des quelques lignes de programme, donné sous le pseudonyme de Suzamel formé avec les premières syllabes des prénoms de sa femme, Suzanne-Amélie, des articles remarqués, notamment sur la morale, le monothéisme, la science et la foi, au journal Candide, supprimé au bout de huit numéros. |

Il vécut à l'étranger, principalement à Bruxelles, d’une petite rente, cherchant sans cesse à organiser quelque chose et venant en secret à Paris. Il y habitait depuis quelque temps, à la suite de l’amnistie du 15 août 1869, et avait même un instant songé à y publier, avec M. Ranc et M. le D' Regnard, un journal hebdomadaire, la Renaissance, dont le programme seul fut lancé, quand Victor Noir tomba ‘assassiné par Pierre Bonaparte. Il assista à ses funérailles, le 12 janvier 1870, armé, comptant sur un soulèvement.

IV, — De 1870 à la Commune.

Peu après il quitta Paris, où il ne rentra que le 12 août. Le 14, avec une poignée d'hommes, il essaya de s'emparer par surprise des fusils déposés à la caserne des pompiers du boulevard de la Villette. L'affaire manqua. Trois semaines après, l'Empire croulait et Blanqui fondait le club et le journal la Patrie en danger. Le premier numéro du journal

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