VI. — Le martyrologe de Blanqui
L'auteur de l’Enfermé, M. Gustave Geffroy, a essayé de ressusciter la noble, fine et douloureuse figure du martyr de la révolution prolétarienne. Voici sa description d’une des innombrables prisons où avait passé Blanqui:
Ces cages, hissées à quatre-vingts mètres au-dessus de la grève,
ces greniers où le détenu ne peut se mouvoir que sur une surface de
quatre mètres carrés, ces pièces étroites meublées d’une paillasse dans une caisse, d’une chaise et d’un seau, m'ont de prise d'air et de lumière que par une lucarne treillissée de fer. Il fallait braver la poussée brutale du vent, la pluie cinglée au visage, coller son front
aux barreaux pour apercevoir le haut ‘rocher, le profil des constructions de la Merveille, l’arrivée de l’eau, les voiles lointaines, l’ouver-
ture de la baie sur la haute mer vers Cancaïe.
Dans cet espace étroit des loges, la discipline s’est faite plus dure, la persécution s’est aggravée. Ceux qui ont demandé des explications sur leur déplacement sont conduits au cachot et mis aux fers......
DRE Généralement, on les traîne par les pieds jusqu'aux cachots, noirs, visqueux, grouillants de rats, pullulants de vermine, cachés dans les profondeurs du roc. Barbès connaît cette aventure pour
avoir refusé de rentrer dans son cabanon où le soupirail avait été
bouché pendant l'heure de la promenade. Il est terrassé, traîné, quinze
gardiens acharnés sur lui, la barbe, les cheveux arrachés, la poitrine
meurtrie d’un coup de pied. On l’enferme dans l’in pace. Delsade et
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