‹ La révolution socialeChapitre 98 sur 172 · IX. — LaCommune était-elle de droit · texte numérisé non relu

IX. — LaCommune était-elle de droit

Les historiens bourgeois ont toujours considéré la Commune comme un gouvernement d’usurpation. Opposons à cette opinion bourgeoise vulgaire, celle d’un bourgeois éclairé et consciencieux. es

.... Est-ce que le fait de substituer, le 4 septembre, au gouvernement impérial, qui était plutôt rassurant pour la France et l’Europe, un pouvoir nouveau, populaire, ayant une renommée et une légende, - celles des Républicains de l'an IT, inquiétantes pour les dynasties, n'apparaît pas, à distance, plus susceptible d’alarmer et de provoquer à nouveau l'Allemagne, que l’acte simple et logique de remplacer, le 18 mars, M. Thiers en fuite avec ses ministres? La situation vis-à-vis du gouvernement allemand ne changeait pas du 17 au 18 mars. Le nouveau pouvoir provisoire se recommandait, comme le cabinet en déroute, de la République. C'était donc le même gouvernement de fait. Il déclarait reconnaître et respecter les conventions passées avec l'Allemagne, ratifiées par le vote de d'Assemblée de Bordeaux, le 1° mars 1871. Il n’y avait rien de changé pour les rapports avec le gouvernement allemand, qu'un ministre remplacé. Le 5 septembre apparaît donc comme un ‘acte plus périlleux et plus grave, accompli en face de l’ennemi en armes, que le 18 mars se produisant aussi sous les yeux de ce même ennemi, mais désarmé, ayant renoncé aux hostilités, désireux seulement de voir maintenues et exécutées les conditions de la paix. Au point de vue de la légalité momentanée, les deux insurrections sont pareïlles: elles sont également des rébellions justiñables, des voies de fait légitimes. (Ed. LEPELrETIER. Jbid.)

.... La constitution du gouvernement de la Commune fut prompte, presque immédiate, «et, en fait, elle apparaît aussi formaliste, aussi régulière que celle des membres des assemblées municipales qui suivirent. Le choix des électeurs fut libre, et le vote fut reconnu sincère. Ceci est démontré par la preuve qu'un grand nombre d'élus qui, d’ailleurs, refusèrent le mandat ne l'ayant pas sollicité. Zs avaient été élus sans affiches, sans réunions, sans promesses, sans visites, sans argent. Fait plutôt rare dans les périodes électorales ordinaires, prouvant la spontanéité et la vérité de l'élection. (Ed. LEPELIE- TIER. 1bid.)

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