Livre Jaune, 1902, p
notre légation : « Nous ne demandons qu'à avoir devant nous vingt mille insurgés pour en finir une bonne fois avec eux* ». Vienne et Pétersbourg se concertent. M. de Goluchowski répète aux Délégations (13 mai) qu'entre Autriche et Russie « il n'existe pas de convention formelle et écrite », mais que, « par un échange de vues verbal », les deux gouvernements ont reconnu « la nécessité d'imposer la paix dans les Balkans au moyen d'une action simultanée à l'égard des différents peuples qui les habitent- ». Les deux Cabinets sermonnent donc et font sermonner par leurs amis et alliés la Bulgarie, qui se déclare impuissante à faire la police en dehors de ses frontières et qui, chez elle, en cette année 1902, est aussi incapable que la Grèce en 1897 de contenir le chauvinisme et l'indignation nationale.
Comme en 1896-1897 des bandes de Cretois réfugiés à Syra ou au Pirée regagnaient l'île sous la conduite d'officiers grecs, déserteurs ou démissionnaires, des bandes armées et disciplinées passent de la principauté dans les vilayets. De véritables batailles sont livrées par elles dans le pays d'Uskub, de Monastir et dans la haute vallée de la Strouma (juillet 1902).
Un Congrès macédonien, réuni à Sofia, a montré les deux tendances qui se partagent les comités : les modérés, sous le général Zontcheff et le docteur Michaïlowski, ne voudraient pas marcher encore; les ardents, sous Sarafof et Stanicheff, estiment le moment favorable. Scission complète entre les deux Organisations : les partisans de Sarafof décident de pousser à l'insurrection; on se prépare à célébrer