Ibid., p
dignement Tanniversaire de Chipka (18 septembre), bien que le grand-duc Nicolas, venu pour ces fêtes, ordonne la patience. Aussi la Porte débarque de nouvelles troupes d'Asie et M. Constans lui-même reconnaît la dureté et « l'inintelligence de la répression » (6 octobre) :
Saloaique, le 15 octobre 1902.
Une forte concentration de bandes s'est opérée dans les cazas de Petritch, Melnik, Djoumaa-Balia et Raslog. Dans dix-sept villages, la population mâle tout entière se serait jointe aux révolutionnaires. On aurait même arboré un étendard vert et rouge, aux couleurs de la Macédoine indépendante. Des forces insurgées considérables se sont emparées du défilé de Cresna entre Melnik et Djoumaa- Balia. Un agent de la Dette, un percepteur des dîmes et trois gendarmes ont été massacrés à l'entrée du défilé. Un détachement qui s'y est engagé a été, assure-t-on, presque entièrement détruit; 70 blessés turcs ont été transportés dans les hôpitaux de Serrés.
Il y a trois jours, le défilé était encore aux mains des insurgés; le vali de Salonique, qui m'avait alors nié le fait, a déclaré hier à mon drogman que les communications entre Melnik et Djoumaa-Balia venaient d'être rétablies. .\utre rencontre aussi fâcheuse pour les Turcs : un détachement de 50 hommes, cerné par des insurgés, se serait rendu et aurait été relâché après avoir dû abandonner ses armes, ses munitions et même ses chaussures. Les autorités font le plus profond mystère sur tout ce qui se passe dans la vallée de la Strouma. Mais il leur sera difficile de s'emparer des insurgés qui s'appuient aux montagnes de Malesch et au massif du Pirin Dagh qui, pendant plusieurs mois de 1896, a fourni un refuge inexpugnable à deux ou trois cents révolutionnaires.
Pourtant Abd-ul-Hamid « ne paraît pas attacher une très grande importance aux événements qui se
déroulent en Macédoine, — écrit M. Consta^ns; — il se plaint seulement de Texagération des nouvelles publiées par les journaux européens' » (18 octobre). Mais comme il demande à toutes les puissances, — rimprudent! — et non plus seulement au syndicat austro-russe, d' « exercer une pression à Sofia pour réprimer l'activité croissante des Comités », il met brusquement en branle la diplomatie anglaise : le 20 octobre 1902, lord Lansdow^ne propose à l'Europe de conférer sur la situation macédonienne.